Institut recherche jacquaire (IRJ)

Reliques de saint Jacques


Rédigé par le 23 Mars 2023 modifié le 30 Avril 2023
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Cet article présente les liens vers les articles du site de la Fondation parus entre 2003 et 2009. Ils étaient précédés de l'introduction suivante.

Comme tous les autres corps saints, celui de saint Jacques possède un don d’ubiquité. Bien que la cathédrale de Compostelle prétende à l’exclusivité, plusieurs autres sanctuaires détiennent corps entier, tête, membres, côtes, mâchoires, dents, des fragments d'os, voire un poil de barbe, un morceau de chair imputréfiée ou une goutte de sang …
Comme il en a toujours été, loin de l'aura de Compostelle, saint Jacques est fêté chaque année, dans les églises dont il est le patron même si elles n'ont pas - ou plus - de reliques. Certaines de ces fêtes sont discrètes, mais quelques paroisses ont à coeur de faire vivre ou revivre les fastes anciens, en particulier les processions.
25 juillet, 1er mai, 19 novembre, qu'importe : il n'y a au Moyen Age qu'un seul saint Jacques aux yeux des fidèles. A cette époque, relativement peu de pèlerins allaient à Compostelle, mais les témoignages d’une intense dévotion à saint Jacques abondent, tant dans la littérature que dans l’iconographie, la statuaire ou l’architecture. Puisqu’il n’était pas possible à tous de se rendre en Galice, on multipliait les lieux de pèlerinage à saint Jacques. Ainsi s’expliquent les nombreuses chapelles Saint-Jacques, souvent avec une petite relique du saint, les églises plus importantes avec une relique insigne (pied, bras ou tête), voire même les tombeaux avec le corps tout entier (Toulouse, Angers, la Chapelle d’Angillon et Echirolles près de Grenoble).
Curieusement, cette multiplicité des sanctuaires à saint Jacques est attestée dès le XIIe siècle, dans une lettre attribuée au pape Calixte II qui figure notamment dans le prologue du Codex Calixtinus :
« Alors que j'étais étudiant, parcourant les terres et les provinces barbares pendant l'espace de quatorze ans, j'ai trouvé les choses qui étaient écrites sur saint Jacques, je les ai écrites sur un petit nombre de parchemins grossiers et rugueux, afin de pouvoir les rassembler en un volume ».
Ce qui n'empêche pas les rédacteurs du Codex Calixtinus de s’indigner dans la dernière partie :
“Qu’ils rougissent de honte les rivaux d’outre-monts, qui prétendent posséder quelque chose de saint Jacques ou quelques-unes de ses reliques ! Le corps de l’apôtre est là, tout entier”