Institut recherche jacquaire (IRJ)

Saint Jacques l’enfant pèlerin, étape 94


Rédigé par le 29 Janvier 2021 modifié le 24 Janvier 2024
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Une nouvelle fois l’idée m’est venue de la réception de l’une de nos correspondantes, Ghyslaine Hourcade-Beaux, une « enluminure de la Sainte Parenté » sur laquelle saint Jacques enfant est en costume de pèlerin.



La Sainte Parenté

Cette Sainte Parenté met en scène sainte Anne et ses trois filles, toutes nommées Marie, nées de ses trois mariages successifs,
la Vierge Marie,
Marie dite Jacobé ou Cléophas  
Marie dite Salomé ou Zébédée.
​La première est mère de Jésus, la seconde de Jacques le Mineur, Joseph, Jude et Simon et la troisième de Jacques le Majeur et de Jean l’Evangéliste.
 
La première mention de sainte Anne apparaît dans le Protévangile de Jacques.  A partir du XVe siècle son culte se répand en Europe du Nord, notamment à partir de la vision de sainte Colette, clarisse à Corbie. Alors qu’elle détestait sainte Anne qui non seulement n’était pas vierge mais avait eu trois époux, elle eut une vision en songe, en 1406 : Anne lui apparut, entourée de sa parenté, et lui assura qu’elle était bien sainte malgré ses trois maris.
 

Saint Jacques l’enfant pèlerin, étape 94
Les représentations iconographiques se sont alors multipliées, toutes selon des schémas semblables. Anne est au centre. Devant elle la Vierge Marie portant Jésus. A sa droite, souvent Marie Salomé avec ses deux fils, à sa gauche Marie Cléophas avec ses quatre fils. Parfois, cet ordre est inversé et on a Marie Salomé à sa gauche et Marie Cléophas à sa droite, facilement reconnaissables au nombre des enfants. Sur l’enluminure, la Vierge est à droite d’Anne et les deux Maries à gauche.
Un document publié en ligne par Annie Cloulas-Brousseau, professeur d’histoire de l’art, donne plus d'informations sur la Sainte Parenté*.

Plus rare, une variante de ce thème consiste à représenter isolément la famille de l’une ou l’autre des deux Maries, sœurs de la Vierge.
http://ste.anne.trinitaire.online.fr/es

L’intérêt pour notre sujet est le costume de pèlerin de l’enfant saint Jacques. Isolés des groupes et présentés ensemble, ces petits saints Jacques pèlerins composent un tableau inhabituel et émouvant.

Partant de la première image reçue, j’ai puisé dans la thèse de doctorat de Janine Michel soutenue à l’EPHSS et dirigée par Michel Pastoureau en 2011 et dans un travail publié en ligne* par Annie Cloulas-Brousseau, professeur d’histoire de l’art. Une recherche sur Internet a ajouté quelques images.
* http://ste.anne.trinitaire.online.fr/

 

Les supports des images étudiées sont variés, la majeure partie étant des peintures sur bois ou toile, mais ils sont aussi sculptures (pierre ou bois), enluminures, verrières. 
Quelle que soit l’image, saint Jacques apparaît comme un enfant sage, vif et studieux. Comme ses cousins et son frère, il est l’enfant modèle que l’on montre aux enfants qui le regardent. Il est d’ailleurs dans les costumes d’époque.

Du bébé à l’adolescent




Une très jolie scène d’apprentissage de la lecture. Marie-Salomé indique les lettres avec son stylet. Saint Jacques tourne le dos à la scène et suit la leçon. Il est nu-pied, porte sa besace dans le dos et on aperçoit son bourdon entre ses jambes.

Aschaffenburg, Bavière, collégiale Saint-Pierre et Saint-Alexandre, chapelle nord, XVIe siècle
 

 
La lecture : maintenant il lit tout seul, attentif, sous son grand chapeau


Cologne Wallrraf-Richartz museum, v.1503