Institut recherche jacquaire (IRJ)

La Fondation David Parou Saint-Jacques et la recherche jacquaire


Rédigé par le 17 Décembre 2020 modifié le 23 Janvier 2024
Lu 1943 fois

Engagée à la fin du XIXe siècle, la recherche sur le pèlerinage à Compostelle a très peu progressé avant la fin du XXe. Elle reposait sur des croyances ou des hypothèses et tentait de connaître le pèlerinage médiéval à Compostelle en recherchant des chemins historiques. En 1983, conscient de l'absence d'une approche scientifique, René de la Coste Messelière, à défaut de répondre aux questions de Denise Péricard-Méa à son retour de Compostelle l'a engagée à entreprendre des études d'histoire


Association de chercheurs professionnels, anciens pèlerins ou non, et de pèlerins et érudits locaux, la Fondation concrétise un voeu de René de La Coste-Messelière. Il souhaitait que la recherche savante des professionnels collabore avec la recherche d'amateurs éclairés et de pèlerins curieux d'histoire dans les associations jacquaires.



Une ambition de René de La Coste-Messelière

La Fondation David Parou Saint-Jacques a son origine dans ce souhait de René de La Coste-Messelière. Conscient de l'insuffisance des connaissances scientifiques sur le pèlerinage à Compostelle, il a engagé Denise Péricard-Méa à entreprendre des recherches.
Après la soutenance de sa thèse, en 1996 et sa publication en 2000, elle a poursuivi ses travaux avec la coopération de chercheurs d'autres disciplines, regroupés en 2002 dans la Fondation pour :
• renouveler la connaissance des cultes et pratiques du pèlerinage en Europe du Moyen Age à nos jours
• contribuer à faire mieux connaître, sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine hérité de ces pratiques
• apporter un concours aux étudiants de tous niveaux dont les recherches croisaient saint Jacques.
 

Jacques Fontaine après René de La Coste-Messelière


 
Selon le voeu de René de La Coste-Messelière, elle a apporté la rigueur d'une approche historique des textes et de la lecture du patrimoine hérité des cultes à saint Jacques. Elle a ainsi renouvelé la vision de Compostelle héritée des travaux initiés par l'édition du dernier Livre du Codex Calixtinus en 1882 et par les publications savantes du début du XXe siècle, en soulignant l'importance des cultes à saint Jacques dans de nombreux sanctuaires autres que Compostelle.

C'est donc naturellement à Denise Péricard-Méa que Jacques Fontaine, alors président de la Société des Amis de Saint-Jacques a confié la responsabilité du groupe de recherche de l'Union des associations jacquaires.
Visite de membres du Bureau de l'Union à Compostelle en 2001. Don Jaime présente le Codex Calixtinus à  Denise Péricard Méa et Marie-Françoise Migeot.
Visite de membres du Bureau de l'Union à Compostelle en 2001. Don Jaime présente le Codex Calixtinus à Denise Péricard Méa et Marie-Françoise Migeot.

La recherche dans l'Union 2000-2002

Actes du colloque de Saintes
Actes du colloque de Saintes
Dès juin 2000, un mois après sa création officielle, l'Union a pu organiser la première rencontre de recherche des associations de pèlerins à Saint-Jean de Braye où était son premier siège. Cette rencontre a bénéficié de l'appui de la Région Centre et surtout de David Parou qui en était le président. De nombreuses rencontres ont pu avoir lieu avec des associations régionales ou locales qui ont permis d'initier plusieurs associations à la recherche. 
En octobre 2002, un colloque scientifique, organisé avec le concours de l'association de Saintes fut un franc succès. Il a donné lieu à l'édition d'actes qui restent toujours d'actualité.

Cet accent donné à la recherche au sein de l'Union créa un déséquilibre important pour plusieurs associations attachées aux activités traditionnelles de recherche de chemins historiques et d'accueil des pèlerins plus qu'à l'histoire.
Les recherches de chemins ne pouvant s'effectuer que par les associations, l'Union s'était néanmoins intéressée, à la formation à l'hospitalité par une session à Conques et à la définition d'une crédenciale commune.  Dès 2001, elle avait fait accepter par le chapitre de la cathédrale un modèle français unique. C'était bien trop tôt, l'histoire l'a amplement montré.
Des divergences de vue entre le Bureau et certaines associations conduisirent Denise Péricard-Méa et quelques amis à anticiper le changement statutaire de président qui devait avoir lieu en 2003. Pour préserver l'acquis scientifique et poursuivre la recherche, ils créèrent la Fondation en mai 2002. Elle poursuivit son activité au sein de l'Union jusqu'à la constitution d'une Fédération des associations d'amis de saint Jacques, devenue Compostelle France.


Membres fondateurs, permanents

La Fondation repose sur deux membres fondateurs qui lui consacrent l'essentiel de leur activité avec le concours de quelques membres actifs. Ils animent un réseau de sympathisants, personnes physiques qui soutiennent leurs activités et le soutien d'associations de pèlerins en tant que personnes morales.
 
Denise Péricard-Méa
1982 Pèlerinage à cheval de Bourges à Compostelle
,
1996 Doctorat d’histoire de l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne Le culte de saint Jacques : Pèlerins de Compostelle et pèlerinages en France à la fin du Moyen Age, (3 volumes, 901 pages, Direction : Claude Gauvard. Jury : B. Guenée, C. Beaune, D. Le Blévec), 
1998 Hospitalière à Belorado

2001 pèlerinage à pied de Lectoure à Compostelle par le tunnel Saint-Adrien et la cordillère Cantabrique
Louis Mollaret

Ancien élève de l'Ecole Polytechnique (1954), a découvert Compostelle après des activités professionnelles industrielles et administratives variées. Conseil en valorisation.  Pèlerin sur des tronçons du chemin de 1997 à 2000 et, en 2001, de Lectoure à Compostelle. Président de l'association des amis de saint Jacques en Provence (1998-2001), a participé à la création de l'Union des associations jacquaires de France dont il a été président de 2000 à 2003.