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  <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
  <description><![CDATA[L'histoire et des légendes de saint Jacques, Charlemagne et Compostelle revisités. Mieux comprendre Compostelle, l'Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe et le Patrimoine mondial. Informer les pèlerins, les touristes, les responsables politiques et administratifs. Interpréter et sauvegarder le patrimoine Saint-Jacques.]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
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   <title>L'entrée au royaume de France de Jérôme Münzer à son retour de Compostelle </title>
   <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 17:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denise Péricard-Méa</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[PÈLERINS ET PÈLERINAGES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   En 1495, revenant de Compostelle en passant par Pampelune et se dirigeant vers Toulouse, Jérôme Münzer rentre chez lui en livrant à son habitude quelques observations sur les régions traversées.     <div><b>Un ami évêque, enfant de Buzy</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/3746863-5570860.jpg?v=1386571110" alt="L'entrée au royaume de France de Jérôme Münzer à son retour de Compostelle " title="L'entrée au royaume de France de Jérôme Münzer à son retour de Compostelle " />
     </div>
     <div>
      Un long périple a conduit Jérôme Munzer, médecin et humaniste, de Nüremberg jusqu’en Espagne et au Portugal, en passant par Compostelle. Il rentre chez lui en passant par Pampelune, au royaume de Navarre. Il y rencontre le roi, Jean d’Albret, par l’intermédiaire de l’évêque du Couserans.&nbsp; <br />  <em>&nbsp;Grâce à monseigneur l’évêque du Couserans, en Gascogne près de Toletum, nous avons pu rencontrer le roi. </em> <br />  Qu'est-ce que Toletum ? Ce n’est pas Tolède. Peut-être Tourtouse ? ou Toulouse ?), <br />  Qui est cet évêque ? Et qu’est-ce que le Couserans ? <br />   <br />  L’évêque est Jean d’Aule alias Jean de La Salle (1445-1515), né à Buzy dans le manoir connu encore aujourd’hui comme la « maison de l’évêque ». Depuis 1475, il était évêque du Couserans, un petit diocèse dont le siège était à Saint-Lizier (Ariège), charge qu’il a cumulée, après le passage de Münzer, avec celle d’évêque de Lescar, près de Pau. Il était en même temps, selon son épitaphe, chancelier de Foix et de Béarn nommé par Jean d’Albret, ce qui explique sa présence à Pampelune, à la cour du roi. Selon Münzer qui semble avoir longuement conversé avec lui, Jean d’Aule fut un « grand historien et savant ». Sachant que les voyageurs allaient passer dans son pays natal, il leur en raconte l’origine, d’une manière qui nous semble aujourd’hui plus légendaire qu’historique : <br />   <br />  <em>L'évêque du Couserans, grand historien et savant, nous dit qu'au temps où les Goths étaient arrivés de Gaule, et pratiquaient l'hérésie arienne, ils s'emparèrent par ruse de Burdegalis, maintenant Bordeaux, et l'enlevèrent aux Gascons. Ceux-ci ayant alors marché contre les Goths furent vaincus deux fois et ]Berne avaient chassé leurs seigneurs de leur territoire, et ceux-ci vinrent à Charles Martel qui leur accorda ce lieu, où ils sont maintenant, pour qu'ils y vivent à perpétuité ; à force de faire la guerre aux Goths sans arrêt avec l'aide des Gascons, ils les vainquirent enfin et les chassèrent en Espagne. Pour cette raison, le pape leur concéda à perpétuité la dîme de tous les fruits de la terre : les nobles conservent encore aujourd'hui ce privilège, et donnent fidèlement le quart de cette dîme au clergé. <br />  […]Leurs maisons, leurs champs, et tout ce qui leur appartient sont exactement semblables à ceux des Helvètes, et particulièrement des Bernois ; et ils aiment beaucoup les Allemands, parce qu'ils prétendent être de la même race.</em> <br />   <br />  Jean d’Aule est mort en 1515 et fut enterré dans son village natal qui s’enorgueillit aujourd’hui de posséder son gisant de marbre blanc, l’un des deux seuls que possède le Béarn. Le tombeau disparu est remplacé par un socle sur lequel repose l’effigie de l’évêque, dans ses habits épiscopaux. Il est identifié par l’inscription <br />  I[ohanes] D[e] AVAL[a] IL A[nnis] COSER[enii]N EP[iscopu]S I[n] LASCVRR[ensis] ET[iam] CA[n]CELLA[ris] FOX[ii] ET BE[arnii] <br />  « Jean de La Salle, pendant 40 ans évêque du Couserans et aussi de Lescar, chancelier de Foix et de Béarn ». <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dans les Pyrénées-Atlantiques</b></div>
     <div>
      <em>Descendant vers le nord à travers une touffue et obscure vallée nous sommes finalement arrivés au passage du vallon appelé château Saint-Jean . C’est là que commence la Gascogne, région qui comprend tout le territoire situé au pied des montagnes, du côté septentrional, pour ainsi dire de Perpignan à Bayonne, que baigne l'océan Atlantique. Mais la Gascogne compte plusieurs provinces séparées : comme par exemple la Bigorre, une partie de la Navarre, le comté de Foix (Fuxum), et la province de Béarn ; toute la région est montagneuse, et produit des fruits abondants, vin, blé, pommes, noisettes, et bien d'autres.</em> <br />  <strong>Le Béarn</strong> <br />  <em>Leur province a une superficie de trois cents lieues, 20 de longueur et 15 de largeur, où abondent les villages et les bonnes places fortes ; elle est extrêmement riche en vin, en blé, et en autres produits agricoles. La population compte 12 barons, 800 chevaliers, et cinquante mille foyers au total […] Ils nous traitèrent avec les plus grands honneurs. Ils possèdent aussi des mines d'excellent fer à Roncevaux et ailleurs. Aux environs de Roncevaux court une faille de fer exploitée depuis l’occupation romaine jusqu’aux XVIIIe-XIXe siècles (en France les mines de Banca exploitées depuis les Romains, celles de Saint-Etienne-de-Baigorri, d’Ossès ou de Larrau ; en Espagne celles d’Orbaitzeta.&nbsp; </em> <br />   <br />  Quelques vestiges sont encore visibles à Banca et à Orbaitzeta). Non seulement on extrayait mais on fabriquait sur place armes et ferronneries. Le terme « excellent fer » signifie que le fer était pur de phosphore : ces types de gisements ont été abandonnés à la fin du XIXe siècle lorsqu’on a maîtrisé la déphosphoration et pu ainsi utiliser les abondants gisements lorrains. <br />  Münzer est ensuite extrêmement impressionné par la fabrication du cidre, aujourd’hui l’une des spécialités de la région. <br />  <em>Pour les pommes, ils en ont tant que chaque année ils produisent en quantité extraordinaire un vin fabriqué à partir du jus de ces pommes passées au pressoir, qui se conserve 2 ou 3 ans. On dit même que si le récipient a été bien préparé, il peut se conserver de nombreuses années. Ce vin de pommes m'a beaucoup plu ; j'en ai bu tout mon content, et il m'a fait beaucoup de bien.</em> <br />  Tout en admirant les paysages, il se rend compte que la liberté qu’il vante n’est pas vraiment réelle car il y a rivalité entre le roi de Navarre et le comte de Foix. Le roi de Navarre est Jean d’Albret époux, en 1484, de Catherine de Navarre, la sœur de François Phébus et reine depuis la mort de ce dernier en 1483. Le comte de Foix est l’oncle de Catherine et prétendant au trône, ce qui engendre de nombreux troubles qui ne se terminent qu’en 1512 par l’annexion violente de la Navarre à la Castille. <br />  <em>En Gascogne, de nombreux torrents aux eaux limpides descendent des montagnes et contribuent à rendre la région plaisante à habiter. Ces Béarnais sont des hommes libres, en tout semblables aux Suisses dans leurs mœurs. Cependant, une partie reconnaît comme seigneur le roi de Navarre, une autre le comte de Foix, tout comme nos Suisses à nous reconnaissent l'autorité de l'Empereur.</em> <br />  Sans autre rencontre ou commentaire, Münzer traverse la région, par de mauvaises routes et sous la pluie, avant d’arriver à Toulouse : <br />  <em>Continuant vaillamment notre route avec nos chevaux, nous mîmes huit jours pour aller de Pampelune à Toulouse en passant par de nombreuses bonnes places fortes, comme Navarrenx , Morlaas , Saint-Michel , Saint-Mathieu , etc.&nbsp; </em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>Pourquoi Aigoland, le roi sarrasin a refusé le baptême</title>
   <pubDate>Tue, 10 May 2011 20:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Ferpel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[HISTOIRE  ET LÉGENDES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand Charles fut revenu en France, un certain roi païen de l’Afrique, nommé Aigoland, s’empara de l’Espagne avec ses armées, chassa et extermina dans les châteaux et les villes les garnisons chrétiennes que Charles avait laissées pour garder le pays. À la nouvelle de ces événements, Charles revint en Espagne avec des armées nombreuses, Entre-temps, Charles manda à Aigoland, qui se trouvait dans Pampelune reconstruite et à nouveau fortifiée, de se rendre à lui ou de sortir de la ville pour lui livrer bataille. Reconnaissant qu’il ne pouvait défendre la ville contre lui, Aigoland aima mieux en sortir pour se battre que finir honteusement dans la ville. Il demanda à Charles une trêve, pour faire sortir son armée, se préparer à la bataille et lui parler face à face. Aigoland avait en effet le désir de voir Charles. Ils décidèrent d'une série de combats dont l'issue marquerait la supériorité de la religion du vainqueur. Battu Aigoland vient auprès de Charles demander le baptême.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2964967-4208315.jpg?v=1305054748" alt="Pourquoi Aigoland, le roi sarrasin a refusé le baptême" title="Pourquoi Aigoland, le roi sarrasin a refusé le baptême" />
     </div>
     <div>
      Le lendemain, vers la troisième heure, profitant de la liberté d’aller et venir que donnait la trêve, Aigoland vint à Charles pour être baptisé. Il vit Charles assis à une table et prenant son repas. De nombreuses tables étaient mises autour de lui et beaucoup de convives y étaient attablés, vêtus les uns de l’habit militaire, les autres de l’habit noir des moines, d’autres de l’habit blanc des chanoines, d’autres encore de quelque vêtement ecclésiastique, tandis que certains portaient des vêtements divers. Il demanda à Charles quels étaient ces gens. Charles répondit :     <br />    <br />        <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">        <div style="margin-left: 3px;">« Ceux que tu vois revêtus d’une robe unie sont les évêques et les prêtres de notre religion. Ils nous exposent les préceptes de la loi, nous absolvent de nos péchés et nous donnent la bénédiction du Seigneur. Ceux que tu vois vêtus de noir sont les moines et les abbés, qui sont encore plus vénérables que les premiers : ils ne cessent d’implorer pour nous la majesté divine, et chantent les messes, les matines et les heures. Ceux que tu vois vêtus de blanc sont les chanoines dits réguliers, qui ont la meilleure part parmi les saints, et implorent de même pour nous, chantant les messes, les matines et les heures du Seigneur. »</div></div>    <br />Cependant Aigoland, voyant d’autre part douze pauvres misérablement vêtus, assis à terre, mangeant sans table et sans nappe, et n’ayant que peu à manger et à boire, demanda à Charles quels étaient ces gens-là. Celui-ci lui dit :     <br />        <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">        <div style="margin-left: 3px;">« Ce sont les gens de Dieu, les messagers de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous faisons ainsi manger chaque jour en souvenir des douze apôtres du Seigneur. »</div></div>    <br />Aigoland répondit :     <br />        <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">        <div style="margin-left: 3px;">« Ceux qui sont autour de toi sont tiens et heureux, ils mangent et boivent abondamment, et sont bien vêtus. Mais pourquoi ceux que tu appelles les gens de ton Dieu et ses messagers meurent-ils presque de faim, sont-ils mal vêtus, maintenus à distance et honteusement traités ? Il sert mal son Seigneur celui qui reçoit ainsi ses messagers ; il fait à son Dieu un grand affront celui qui traite ainsi ses serviteurs. Et ta loi, que tu disais bonne, tu fais voir maintenant qu’elle est fausse. »</div></div>    <br />Il prit congé, retourna vers les siens, renonça au baptême et déclara la guerre le lendemain. Charles comprit alors qu’Aigoland refusait d’être baptisé parce qu’il avait vu mal traiter les pauvres. Il fit aussitôt pourvoir diligemment, habiller au mieux, nourrir et désaltérer correctement tous les pauvres qu’il trouva dans l’armée.     <br />On doit voir par là quelle grande faute c’est pour un chrétien de ne pas servir avec zèle les pauvres de Jésus-Christ. Si Charles, pour avoir mal traité les pauvres, manqua de faire baptiser le roi et son peuple, qu’arrivera-t-il au jour du jugement à ceux qui, sur cette terre, auront été durs envers les pauvres ? Comment pourront-ils supporter la voix terrible qui leur dira :     <br />        <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">        <div style="margin-left: 3px;">« Éloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel. Parce que j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger. Etc. »</div></div>    <br />Il faut considérer que la loi du Seigneur et la foi en lui sont de peu de profit au chrétien, si elles ne s’accomplissent pas dans les œuvres, comme affirme l’apôtre Jacques qui dit :     <br />        <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">        <div style="margin-left: 3px;">« Ainsi que le corps mort est privé d’âme, ainsi la foi sans les bonnes œuvres est une foi morte. »</div></div>Comme le roi païen refusa le baptême parce qu’il ne trouvait pas en Charlemagne les œuvres justes du baptême, ainsi je crains qu’au jour du jugement, Dieu, lui aussi, ne répudie la foi baptismale parce qu’il ne trouve pas les œuvres du baptême.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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