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  <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
  <description><![CDATA[L'histoire et des légendes de saint Jacques, Charlemagne et Compostelle revisités. Mieux comprendre Compostelle, l'Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe et le Patrimoine mondial. Informer les pèlerins, les touristes, les responsables politiques et administratifs. Interpréter et sauvegarder le patrimoine Saint-Jacques.]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
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   <title>Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)</title>
   <pubDate>Sat, 26 Jun 2010 19:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denise Péricard-Méa</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[HISTOIRE  ET LÉGENDES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Béranger de Landore, à 56 ans, est nommé archevêque par le pape Jean XXII qui l'a jugé seul capable de résoudre les conflits civils et religieux qui agitaient la Castille avec un relief singulier en Galice, incapable de proposer un candidat au siège épiscopal vacant depuis novembre 1316. Il fut nommé en raison de ses qualités de fin négociateur, en particulier dans les conflits franco-flamands. Cette page a été réalisée à l'occasion de l'inauguration d'une place Béranger de Landore à Salmiech.     <div><b>De Salmiech à Compostelle, un parcours remarquable</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2190866-3054278.jpg?v=1289579632" alt="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" title="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" />
     </div>
     <div>
      Béranger de Landore est né en 1262 au château de Salmiech* dans une famille appartenant à une branche des comtes de Rodez. Il entre chez les Dominicains de Rodez en 1282, étudie à Paris, devient Provincial de Toulouse puis en 1312 maître général de l’ordre des frères Prêcheurs. Il devient très vite un précieux auxiliaire de Clément V **, premier pape d’Avignon,&nbsp; puis de Jean XXII*** qui lui confient des missions diplomatiques importantes. Par une Bulle du 15 juillet 1317, Jean XXII le nomme archevêque de Compostelle. Béranger reçoit l’onction épiscopale le 30 avril 1318, le dimanche d’après Pâques, à Avignon en présence du pape. Béranger de Landore est un personnage particulièrement en vue en France au moment de cette nomination.                                          <br />                                        <br />* Aveyron, ar. Rodez, cant. Cassagne-Bégonhès                                        <br />** Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, pape de 1305 à sa mort en 1314                                        <br />** *Jacques d’Euze, famille de la riche bourgeoisie de Cahors, élu pape à 72   ans, pape d’Avignon de 1316 à sa mort en 1334
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La consécration du choeur de l'église de Rabastens</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2190866-3054283.jpg?v=1289579632" alt="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" title="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" />
     </div>
     <div>
      Avant sa prise de fonction, le 29 juin 1318 à Rabastens (35 km au NE de   Toulouse) il bénit le nouveau chœur de l’église du prieuré Notre-Dame   consacré à saint Jacques, ainsi qu’en témoigne l’inscription peinte à   cette occasion :                                                    <br /><span style="font-style: italic;">B.   Dalern pauzec aquesta clau. Ano Domini M.CCC.XVIII. Le archiavesque de   Sant-Jacme senhec aquesta clau,          le jor de Sant Peyre          </span>                                            <br />          (B. Dalern posa ceste clef. L’an du Seigneur   1318. L’archevesque de Saint-Jacques benit ceste clef le jour de   Saint-Pierre)                                                    <br />                                                    <br />Cette église   avait reçu un décor peint vers 1260, dont un saint Jacques grandeur   nature, nimbé, vêtu d'un ample manteau rouge, le bâton de pèlerin à la   main, l'escarcelle en bandoulière, et la tête coiffée d'un chapeau   triangulaire. Les spécialistes pensent que c’est peut-être Béranger qui,   lors de son passage, commanda la décoration de la deuxième chapelle   nord du chœur, laquelle est entièrement décorée de la légende espagnole   de saint Jacques : conversion d'Hermogène, apparition de la Vierge sur   le pilier de Saragosse, prédication du saint, décollation, transport en   Galice, écroulement des ponts, apparition du saint à Clavijo. Est-ce lui   qui dota l’église d’une relique de la tête de saint Jacques dont il est   fait mention dans un catalogue en 1605 : <span style="font-style: italic;">Reliquiae de capite sancti Jacobi, fratris Joannis   evangelistae, et de ossibus ipsius</span>, conservée dans un buste   reliquaire en argent pesant près de 4 kg. à l'église du prieuré   Notre-Dame-du-Bourg ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La lutte pour la conquête du siège galicien</b></div>
     <div>
      Béranger arrive en Galice seize mois après sa nomination, le 12 novembre   1318. Il fut reçu à Mellid par l’infant Felipe mais l’entrée dans   Compostelle lui fut interdite car les habitants de la ville (soutenus   par l’infant Felipe !) voulaient un autre archevêque.&nbsp; A partir de ce   moment sa vie est connue par les <span style="font-style: italic;">Hechos de Don Berenguel de Landoria arzobispo de Santiago</span>,   vraisemblablement rédigés vers 1322 par l’un des amis français dont il   s’est entouré, Bernard Carrier, Hugues de Vezins, Jean Fabre ou Bernard   Rossinhol, à moins que ce ne soit Aymerico de Anteiaco, trésorier de la   cathédrale.                                              <br />                           <br />Bérenger se réfugia à trois kilomètres,   au château de La Rocha, où il demeura un mois en liberté surveillée. Il   passa Noël et l’Epiphanie        à Padron, puis la Chandeleur à   Pontevedra, il présida l’office en présence du roi de Portugal, Denis le   Libéral. Pendant ce temps, à Compostelle, les insurgés incendient le   palais de l’archevêque. Furieux, Bérenger de Landore les menace   d’excommunication et de les priver de revenus jusqu’à la troisième   génération. Dans l’été 1319, la ville semble se rendre… Mais c’est une   ruse de guerre ! Confiant, Bérenger pénètre solennellement dans sa   cathédrale, à cheval. Ses ennemis ferment les portes et lui annoncent   que lui et ses gens y mourront de faim. Au bout de quelques jours, les   assiégés sont obligés de manger quelques-uns de leurs chevaux. Après   treize jours, ils s’enfuient et se réfugient à Noïa où Béranger réunit   un synode. Il prononce de nouvelles peines contre les rebelles, valables   cette fois-ci jusqu’à la quatrième génération.                                              <br />                        <br />A la   fin de 1319, alors que ses soldats ont dressé leur camp sur le mont   Almaciga (au NE de Compostelle), Béranger passe la nuit au couvent   dominicain du village de Bonaval, au pied du mont, où il manque d’être   tué par un projectile lancé par une catapulte. Il trouve un appui auprès   de la reine régente Marie de Molina : elle lui remet en otage quatre   des insurgés de Compostelle qui étaient venus lui demander assistance !   Béranger orchestre alors l’assassinat de son pire ennemi, Alonso Súarez   de Deza, dans le château de La Rocha et ordonne la décapitation de l’un   des fidèles vassaux de don Felipe, don Alonso Suarez de Deza et des dix   représentants du Conseil de Ville qui lui avaient été toujours hostiles   (16 septembre 1320).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La victoire, l'instauration de l'année jubilaire</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2190866-3054297.jpg?v=1289579633" alt="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" title="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" />
     </div>
     <div>
      Les <span style="font-style: italic;">Hechos</span> relatent deux   miracles de saint Jacques, prouvant que le saint a constamment aidé   Béranger en apparaissant à lui pour l’assurer de son soutien : pendant   qu’il était prisonnier, une nuit, par trois fois l’archevêque « vit le   très saint apôtre sur un cheval blanc suspendu en l’air au-dessus du   sommet de la tour du château de la Rocha Fuerte. L’apôtre avait un   bouclier à son bras gauche et dans sa main droite une lance qu’il   brandissait de façon menaçante vers Compostelle. Il protégeait un   personnage agenouillé, en habit de dominicain, coiffé d’une mitre   épiscopale, qui tenait d’une main une croix et de l’autre une blanche   colombe ». Saint Jacques est encore apparu le jour de l’exécution des   traîtres, courant à la cime du château de Rocha à la poursuite des   coupables, les frappant avec l’épée ensanglantée qu’il essuya ensuite à   son manteau avant de la remettre au fourreau.                      <br />C'est cette image que l'on retrouve sur un folio du Tumbo B : les&nbsp; personnages foulés aux pieds du cheval de saint Jacques ne sont ni des musulmans, ni les jeunes vierges du roi Ramire, mais les insurgés vaincus...   <br />                 Enfin, le 27 septembre 1321, les insurgés remettent à Béranger les clés de la     ville. Le 16 juillet suivant (1322), il accorde son pardon aux anciens     rebelles et décide que « le jour de saint Jacques serait bon pour   tous…   ». Il « célébra avec une grande dévotion sa première messe   solennelle   sur l’autel du très saint apôtre… ». Cette année-là le 25   juillet   tombait un dimanche. Peut-on voir dans cette journée   exceptionnelle la   première année jubilaire, à l’image de celle de Rome   instaurée en 1300 ?                                             <br />    <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Chef de saint Jacques perdu et retrouvé</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2190866-3054311.jpg?v=1289579633" alt="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" title="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" />
     </div>
     <div>
      Les <span style="font-style: italic;">Hechos</span> racontent encore que   c’est au cours de cette cérémonie que Béranger plaça dans un reliquaire   neuf une tête de saint Jacques Alphée                        <br />                        <br />                                                <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">                                                <div style="margin-left: 3px;">« La tête de  saint Jacques Alfée qui avait été apportée dans des temps anciens à la  basilique de saint Jacques Zébédée et qui était délaissée dans une  misérable niche fut transférée par ses soins dans un endroit plus  convenable. Il ordonna que soit fabriquée une tête en argent d’une  beauté prodigieuse et d’un grand prix. Dans cette tête d’argent il plaça  de ses propres mains avec beaucoup de dévotion et de révérence les  sacro-saintes reliques, c’est-à-dire la tête de saint Jacques Alfée… »                        <br /></div></div>                        <br />Cette tête avait été donnée à Gelmirez comme étant la tête du Majeur. Mais,selon l'<span style="font-style: italic;">Historia compostellana</span>,&nbsp; il n'en voulait pas, considérant que la tête était avec le corps. Dès 1325 cette tête est pourtant la seule relique montrée aux pèlerins à qui on laisse croire pendant des siècles qu'il s'agit de la tête du Majeur.                        <br />                        <br />&nbsp;                        <br />                                                                    <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">                  </div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un nouveau saint Jacques ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2190866-3054338.jpg?v=1289579633" alt="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" title="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" />
     </div>
     <div>
      Béranger fut chargé ensuite par le pape d’autres missions au Portugal et   en Espagne mais il témoigna constamment d’un souci de rayonnement du   sanctuaire compostellan. En 1328, l’église Sainte-Marie de Noia fut   reconstruite à sa demande et, sur le tympan du porche principal, il est   représenté en pèlerin aux pieds de la Vierge.                    <br />Il fit en particulier   exécuter trois copies du<span style="font-style: italic;"> </span>dernier   Livre du<span style="font-style: italic;"> Codex Calixtinus, </span>connu   aujourd'hui sous le nom de <span style="font-style: italic;">Guide du   pèlerin</span>, et écrire le manuscrit appelé <span style="font-style: italic;">Tumbo B</span> sur lequel apparaît l'iconographie nouvelle de   saint Jacques qui remplace l’apôtre par le combattant. Il laissa son   nom à la tour <span style="font-style: italic;">Berenguela</span> de la   cathédrale de Compostelle, qu’il fit fortifier. S’est-il identifié à   saint Jacques ? Pour l’amour de lui et comme lui, il fut d’abord   serviteur de Dieu puis, lui aussi, pèlerin et combattant.                                  <br />En   1330, il accompagne le roi en Andalousie lors d’une croisade. Il meurt   au couvent dominicain de Séville, où il fut inhumé. En 1404, selon sa   volonté, ses restes furent transférés au couvent des dominicains de   Rodez. Son tombeau fut détruit lors de la révolution de 1793.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Source et bibliographique</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2190866-3054348.jpg?v=1289579633" alt="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" title="Béranger de Landore, un Français archevêque de Compostelle (1317-1330)" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-weight: bold;">Source : </span><span style="font-style: italic;">                        <br />Hechos de don Berenguel de   Landoria, arzobispo de Santiago</span>,                           <br />éd. et trad.   espagnole M. Diaz y Diaz, Universidad de Santiago de Compostela, 1983                             <br />   <span style="font-weight: bold;">Bibliographie :</span>                          <br />   - Denise Péricard-Méa, <span style="font-style: italic;">Compostelle et   cultes de saint Jacques au Moyen Age</span>, Paris, PUF2000, chap. XIV,   p. 249-256  <br />- Ahlsell de Toulza, (G.), « Les peintures murales de la   chapelle Saint-Jacques dans l’église ND-du-Bourg à Rabastens-sur-Tarn »,   <span style="font-style: italic;">Cahiers de Fanjeaux</span> n°15,   1980, p.44-55                           <br />   - Stones, Alison et Krochalis (J.), «   Qui a lu le Guide du pèlerin ? », <span style="font-style: italic;">Pèlerinages   et croisades</span>, Actes du 118e colloque du C.T.H.S., Pau, 1993,   Paris, 1995, p.11-36                           <br />   - King, (G.G.), <span style="font-style: italic;">The way of saint James, New-York</span>,   1920, 3 vol., t.I p.65-66 et n.5, p.446-447                           <br />   -   Nogueira, Pablo, “Un français archevêque de Compostelle”, <span style="font-style: italic;">Histoire du christianisme</span>, n° 22,   juin 2004;               <br />- Serafin Moralejo, Serafin, « L’image de saint Jacques à l’époque de l’archevêque compostellan Béranger de Landore », colloque <span style="font-style: italic;">Les traces du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle dans la culture européenne</span> organisé par le Centre italien d’études compostellanes et par l’université de la Tuscia à Viterbe, en collaboration avec le conseil de l’Europe, 1989, éd. dans <span style="font-style: italic;">Patrimoine culturel,</span> n°20, p. 67-69.              <br />  <br /><span class="Apple-style-span" style="border-collapse: separate; color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: normal; orphans: 2; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px; font-size: medium;"><span class="Apple-style-span" style="border-collapse: collapse; color: rgb(0, 128, 0); font-size: 16px;" /></span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.institut-irj.fr/Beranger-de-Landore-un-Francais-archeveque-de-Compostelle-1317-1330_a97.html</link>
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