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 <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
 <subtitle><![CDATA[L'histoire et des légendes de saint Jacques, Charlemagne et Compostelle revisités. Mieux comprendre Compostelle, l'Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe et le Patrimoine mondial. Informer les pèlerins, les touristes, les responsables politiques et administratifs. Interpréter et sauvegarder le patrimoine Saint-Jacques.]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-08T18:17:02+01:00</updated>
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   <title>Des millions de pèlerins de Saint-Jacques</title>
   <updated>2024-02-01T21:32:00+01:00</updated>
   <id>https://www.institut-irj.fr/Des-millions-de-pelerins-de-Saint-Jacques_a194.html</id>
   <category term="HISTOIRE  ET LÉGENDES" />
   <published>2014-11-01T07:22:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Très répandue dans les années 1990, l'image de millions de pèlerins médiévaux se rendant à Saint-Jacques de Compostelle s'est estompée. Elle résultait de dénombrements hasardeux. Ce qui était une erreur manifeste. Mais il y avait des raisons pour qu'elle soit dans l'imaginaire collectif compostelan. Sa source est dans les textes de la Bible que Compostelle a utilisés à son profit. Elle était en outre confortée par l'existence de nombreux sanctuaires où saint Jacques était vénéré, partout en Europe. Ces sanctuaires recevaient beaucoup de pèlerins que le XIXe a considérés à tort comme pèlerins de Compostelle.     <div><b>Les foules dans le Codex calixtinus</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Les premiers textes qui parlent de foules de pèlerins émanent tout simplement de Compostelle, du <em>Codex Calixtinus</em>, cet ouvrage composite rédigé au XIIe siècle et attribué au pape Calixte II. Elles y sont évoquées dans le Livre V, devenu en 1938 dans sa traduction française le <em>Guide du pèlerin</em> : « Tous les peuples étrangers, venus de toutes les parties du monde, accourent ici en foule ». Elles le sont dans la <em>Chronique de Turpin</em>, lorsque saint Jacques demande à Charlemagne de venir délivrer son tombeau et lui promet : « et après toi, tous les peuples de l’une à l’autre mer y viendront en pèlerinage… Ils y viendront depuis le temps de ta vie jusqu’à la fin des temps ».</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Veneranda Dies</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">L'origine de ces pèlerins est détaillée dans &nbsp;le <em>Veneranda dies</em>, long sermon inclus dans la première partie du Codex :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« Là viennent les peuples barbares et civilisés des régions du globe, à savoir Francs, Normands, Écossais, Irlandais, Gaulois, Teutons, Ibères, Gascons, Bavarois, les Navarrais impies, Basques, Provençaux, Garasques [tarasque ?], Lorrains, Goths, Angles, Bretons, Cornouaillais, Flamands, Frisons, Allobroges, Italiens, Pouilleux, Poitevins, Aquitains, Grecs, Arméniens, Daces, Norvégiens, Russes, Georgiens, Nubiens, Parthes, Romains, Galates, Éphésiens, Mèdes, Toscans, Calabrais, Saxons, Siciliens, Asiates, Pontiques (Pont-Euxin, la mer Noire), Bithyniens, Indiens, Crétois, Jérusalemois, Antiochiens, Galiléens, Sardes, Chypriotes, Hongrois, Bulgares, Esclavons (slaves), Africains, Perses, Alexandrins, Égyptiens, Syriens, Arabes, Coloséens (colossiens), Maures, Éthiopiens, Philippiens, Cappadociens, Corinthiens, Élamites, Mésopotamiens, Libanais, Cyrrhénéens, Pamphiliens, Ciliciens, les Juifs et d’autres peuples innombrables. Toutes les langues, tribus et nations tendent vers lui ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">D’où vient cette énumération étonnante ? Elle cite les peuples connus au XIIe siècle auxquels elle adjoint les peuples de la Bible : l’intégralité des peuples nommés dans les Actes des apôtres (2, 7-11) ainsi que les noms des peuples destinataires des Epîtres et quelques autres noms épars, dont elle recopie les listes, selon une habitude courante à cette époque. La dernière phrase est copiée dans l’Apocalypse (7, 4 et 9) : « après cela je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues ». L’image devenue traditionnelle de foules de pèlerins se pressant à Compostelle a donc son origine non pas dans un dénombrement de pèlerins effectivement parvenus au sanctuaire mais dans cette vision de la cohorte des Elus, tellement plus exaltante.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des sources dans l'Apocalypse de saint Jean</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Par une série d’autres emprunts faits à l’Apocalypse, Compostelle s'est présentée comme la nouvelle Jérusalem, l’image terrestre du Paradis où entreront tous les pèlerins. <br />  A l’Apocalypse qui décrit le trône de Dieu :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">(4, 2) : « un trône se dressait dans le ciel et, siégeant sur le trône, quelqu’un… Une gloire nimbait le trône de reflets d’émeraude. <br />  (5, 1) « Dans la main droite de celui qui siège sur le trône, un livre <br />  (4, 4) « Autour du trône, vingt-quatre anciens siégeaient » <br />  (5, 11) « Et j’entendis la voix d’anges nombreux autour du trône »,</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">le <em>Guide du pèlerin</em> répond en décrivant l’autel majeur&nbsp;:</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« Au milieu est sculpté le trône de Notre Seigneur comme sur un trône de Majesté, ayant dans la main gauche le livre de vie et bénissant de la main droite, entouré des vingt-quatre vieillards rangés comme les vit le bienheureux Jean, frère de saint Jacques dans son Apocalypse, c’est-à-dire qu’il y en a douze à droite et autant à gauche… Au-dessus, des anges soulevant le trône où se trouve l’Agneau de Dieu… Quatre annoncent au son de la trompette la résurrection au jour du Jugement » .</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">A la description de la Jérusalem céleste :&nbsp;</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">(22, 1-3) : « Un fleuve d’eau jaillissait du trône de Dieu et de l’Agneau… au milieu de la place de la cité et des deux bras du fleuve est un arbre de vie…Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la cité » <br />  (21, 24) : « La cité n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer… les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire…ses portes ne se fermeront pas au long des jours car en ce lieu il n’y aura plus de nuit… ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Le <em>Guide </em>et le <em>Veneranda dies</em> conforment la cité de Compostelle :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« Compostelle, entre deux fleuves… Sur le parvis, une fontaine admirable … avec quatre jets d’eau pour les pèlerins de Saint-Jacques et les habitants » « les portes de cette basilique demeurent ouvertes nuit et jour et l’obscurité n’y pénètre jamais car elle est illuminée de la clarté des cierges ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Toujours dans le Codex, le sermon <em>Solemnia sacra</em> (Chap. XIX) vient conforter cette idée :&nbsp;</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« Et ainsi que la descendance d’Abraham grandira jusqu’au sommet de la terre et sera élevée jusqu’aux étoiles de la même façon les pèlerins de saint Jacques grandiront sur terre chaque jour et seront conduits, par-dessus les étoiles, à la Patrie céleste avec lui ».</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une première utilisation politique</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Alphonse VII, dont Compostelle était le sanctuaire royal, avait compris l’utilisation politique de ces symboles, lui que sa <em>Chronique</em> présente en ces termes :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« Dieu omniprésent a agi par lui et avec lui pour que le Salut soit donné sur la terre aux peuples du Christ ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Comme Charlemagne, il se voit investi d’une mission divine. Il se veut le Prince universel de la Chrétienté, celui qui, selon les vieilles prophéties sibyllines, réunira les peuples chrétiens sous sa domination, convertira ou exterminera les Infidèles et, au bout du compte se rendra à Jérusalem&nbsp;pour remettre son Empire entre les mains de Dieu. Il y a donc un parallèle saisissant entre les textes sacrés et ceux sur lesquels est fondée la gloire de Compostelle. Le génie&nbsp;est d’avoir utilisé ces foules symboliques au profit du sanctuaire galicien. Quoi de plus naturel si l’on se souvient que l’auteur de l'Apocalypse est Jean l’Evangéliste, frère de Jacques ? Les chanoines de Compostelle ont utilisé aussi la ressemblance physique, souvent soulignée au Moyen Age, entre Jésus et Jacques. Saint Ignace d'Antioche dit ainsi&nbsp;dans une lettre qu’ils se ressemblaient « de figure, de vie, de manière d’être comme s’ils avaient été jumeaux de la même mère ». <br />  La cathédrale est ainsi devenu le but ultime de la longue cohorte des Elus. Pour renforcer cette idée, au XIIIe siècle, c’est saint Jacques lui-même qui apparaît sur son autel majeur, assis sur un trône, en majesté. Cette représentation, inconnue ailleurs semble-t-il, à cette époque, ne rappelle-t-elle &nbsp;pas la figure du Christ en majesté de l'Apocalypse ?&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Du Moyen Age au XIXe siècle. De la Bible jusqu’à nous</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Cette mise en lumière de l'origine des foules pèlerines du XIIe siècle dans les élus de l’Apocalyse&nbsp;offre une vision nouvelle au pèlerin d’aujourd’hui. N’est-il pas plus satisfaisant de marcher dans la clarté de l’Apocalypse qu’à l’ombre de millions de fantômes ?&nbsp;Ces foules évoquées au XIIe siècle sont venues jusqu’à nous par divers intermédiaires. <br />  Elles furent utilisées, sans doute à Compostelle au début du XIVe siècle, dans une fausse Bulle relative aux années jubilaires datée de 1179 :&nbsp;</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« … la participation de pèlerins innombrables qui, en permanence de toutes parts du monde, convergent pour obtenir le pardon de leurs péchés…Les mêmes fidèles du Christ qui, continuellement par mer et par terre, de toutes les parties du monde, convergent vers son église métropolitaine (l’Eglise de Jacques)… ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Elles redeviennent d’actualité en 1884, lorsque le pape Léon XIII authentifie les reliques de saint Jacques et invite les pèlerins à reprendre le chemin de Compostelle :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« la renommée du sanctuaire espagnol, répandue de tous côtés, amena une immense multitude de pèlerins accourant de presque toutes les contrées de la terre. Et ce pèlerinage devint si fameux qu’il put être mis au même rang que celui des saints Lieux de Palestine et de Rome ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Après lui, en 1954, le pape Pie XII confirmant les années jubilaires rappelle dans une belle envolée lyrique que :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« les rois, plébéiens, évêques et moines, chevaliers et roturiers, artistes et savants, jongleurs et troubadours, affluaient et refluaient, en alluvion irrésistible et constante, tout au long du chemin de Saint-Jacques ».</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Et enfin, Jean-Paul II, le 9 novembre 1982, lançant depuis Compostelle son appel au renouveau de l’Europe, et y invitant les Journées Mondiales de la Jeunesse de 1989 entraîne derrière lui la jeunesse d’Europe&nbsp;et tous les pèlerins d’aujourd’hui :</div>    <blockquote>  <div style="text-align: justify;">« arrivaient ici de France, d’Italie, d’Europe centrale, des pays nordiques et des nations slaves, des chrétiens de toutes conditions sociales, des rois jusqu’aux plus humbles habitants des hameaux ; des chrétiens de tout niveau spirituel, depuis des saints comme François d’Assise et Brigitte de Suède (pour ne pas citer tant d’autres Espagnols), jusqu’aux pécheurs publics en quête de pénitence. L’Europe tout entière s’est trouvée elle-même autour du mémorial de saint Jacques, aux siècles où elle s’édifiait en continent homogène et spirituellement unique. »</div>  </blockquote>    <div style="text-align: justify;">Il reprend à son compte les affirmations de ses prédécesseurs et leur donne une autorité nouvelle. On peut regretter qu’il ait contribué à prolonger l’erreur historique concernant saint François, négligeant ainsi les études franciscaines. Toutefois, s’agissant des foules pèlerines, ce discours est moins emphatique que les précédents. La lignée des papes, de Calixte à Jean-Paul, a néanmoins transmis fidèlement le message de saint Jean, exhortant les fidèles à rejoindre les foules d’élus en marche. Ce faisant ils ont servi à la fois les intérêts de l’Eglise universelle et ceux de Compostelle qui utilisait savamment leurs textes à son profit.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse </title>
   <updated>2023-05-01T10:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.institut-irj.fr/Le-message-de-l-enfeu-4-de-l-hotel-des-chevaliers-de-Saint-Jean-de-Jerusalem-a-Toulouse_a169.html</id>
   <category term="PATRIMOINE " />
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   <published>2013-04-04T15:37:00+02:00</published>
   <author><name>Denise Péricard-Méa</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’Ordre militaire Saint-Jean de Jérusalem s’installa à Toulouse au début du XIIe siècle dans un prieuré qui, dès la fin de ce même siècle, fut doté d’une église, d’un cloître, d’un établissement hospitalier et d’un cimetière. Des sondages archéologiques effectués au tournant des années 2000 ont permis de retrouver quatre enfeus. L'enfeu n° 4 est orné de peintures dont l'interprétation donnée par les premiers chercheurs était restée incomplète. De passage à Toulouse, Denise Péricard-Méa a visité l'Hôtel Saint-Jean de Jérusalem. Elle a pu identifier le personnage qui posait une énigme aux chercheurs.     <div><b>L'enfeu n°4</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8824852.jpg?v=1386925469" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Des bâtiments médiévaux ne subsiste pratiquement rien mais des fouilles ont permis&nbsp; de retrouver quatre enfeus, seuls vestiges d'une galerie du cloître.&nbsp; L’enfeu portant le&nbsp;n°4 est intéressant, par son architecture et sa conception comprenant plusieurs registres.&nbsp;Le tombeau était placé dans une niche voûtée en plein cintre, elle-même encastrée dans un épais mur crénelé à l’allure d’entrée de château-fort. En outre sa décoration lui confère un intérêt exceptionnel. L’ensemble est daté de la première moitié du XIIIe siècle.</div>    <div style="text-align: justify;">Ce monument se trouve aujourd'hui dans une galerie trop étroite pour en avoir une vue d'ensemble.</div>    <div style="text-align: justify;">Une reconstitution de la façade de cet enfeu a été réalisée, à partir de vues partielles, par deux membres de la Fondation, Janine Michel et Pierre-Marc Allart.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Décor de la niche tombale</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8824853.jpg?v=1385028191" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      Le sarcophage a disparu, mais il reste un décor peint remarquablement conservé ainsi qu’une plaque gravée qui a permis d'identifier le défunt. <br />  Dans le fond de la niche s’élève l’âme du mort symbolisée comme il est d’usage par un petit corps nu. Elle est inscrite dans une mandorle portée par deux anges. A l’extérieur de la niche, au sommet, sous les créneaux sont peints des anges prêts à l'accueillir.  <div style="text-align: justify;">De part et d’autre de cette niche, deux personnages nimbés, pouvant être considérés comme des saints intercesseurs.</div>    <div style="text-align: start;"><span style="text-align: justify;">Le personnage de droite est sans conteste saint Jacques pèlerin reconnaissable à son chapeau, son bourdon, son livre et son manteau garni de coquilles,</span></div>  <span style="text-align: justify;">Le personnage de gauche n'étant pas reconnaissable de prime abord a été qualifié «&nbsp;d’énigmatique&nbsp;» par les premiers chercheurs qui n'ont pas su l'interpréter. Il a ensuite été présenté comme saint Christophe.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bienveillant, saint Jacques attend l'âme du défunt</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8824887.jpg?v=1385020092" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Dans l'ambiance du début des années 2000 et de l'inscription des chemins de Compostelle au Patrimoine mondial en 1998, la présence de saint Jacques a été mise en rapport avec Compostelle :  <p class="citation" style="text-align: justify; font-size: 11pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif; caret-color: rgb(0, 0, 0); margin-left: 40px;"><span lang="ES" style="font-size: 12pt; font-style: normal; line-height: 17.120001px; font-family: Calibri, sans-serif; color: black;">«&nbsp;… Jacques le Majeur qu'on ne s'étonnera guère de trouver dans un établissement hospitalier, sur une des principales étapes vers Compostelle.</span><u style="text-align: justify;"><a class="link" href="#ftn1"><sup>1</sup></a>  </u><span lang="ES" style="font-size: 12pt; font-style: normal; line-height: 17.120001px; font-family: Calibri, sans-serif; color: black;">&nbsp;».</span> <br />    <div>Pourtant rien n’indique dans cette iconographie une quelconque relation avec Compostelle. Il convenait donc de s'étonner et d'aller chercher dans l'histoire de saint Jacques et non dans la géographie ce que ne suggère pas l'iconographie. <br />  L'histoire conduit à faire référence à l’Epître de Jacques qui porte en son chapitre V (v. 2), les prémices du sacrement de l’Extême-Onction institué au XIIe siècle. Elle a fait de lui un passeur d'âme, comme il l'a été pour Charlemagne dans la <em>Chronique de Turpin</em>. <br />  Au Moyen âge, Jacques le Majeur était généralement considéré comme l'auteur de cette Epître. Le défunt se serait placé sous sa protection comme le fera le roi Saint Louis ou, au siècle suivant, le chanoine de Bordeaux Pons de Pommiers, étudié par Michèle Gaborit<a class="link" href="http://www.saint-jacques-compostelle.info/Le-personnage-enigmatique-de-l-hotel-des-chevaliers-de-Saint-Jean-de-Jerusalem_a169.html#ftn2"><sup>2</sup></a>. Paisible et serein, saint Jacques semble attendre de pied ferme le personnage qui lui fait face, de l’autre côté du tombeau. &nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le personnage " énigmatique "</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8824904.jpg?v=1385020152" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Il est auréolé comme un saint mais il porte un masque. En l'observant attentivement et malgré l'usure de la peinture, le masque laisse apparaître un cou poilu et une tête cornue. Un serpent s'enroule aux pieds du personnage. Le bras droit n’est pas lisible et le bras gauche porte un objet non identifiable. L'artiste qui l'a dessiné d'après une photo que la DRAC ne nous a pas donné l'autorisation de publier a imaginé une main droite, invisible dans la réalité.</div>    <div style="text-align: justify;">Si l'auréole marque la sainteté, les cornes et le serpent conduisent à penser à un être démoniaque.</div>    <div style="text-align: center;">Qui se cache derrière le masque ?</div>  L'énigme est facile à résoudre pour qui connaît la légende de saint Jacques et d'expliquer la raison de la présence de ce personnage face à saint Jacques.    <div style="text-align: center;">Plusieurs représentations analogues permettent de dire qu'il s'agit de Satan</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Satan dans des miracles de saint Jacques</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8827454.jpg?v=1380817450" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      Dans le récit du dix-septième miracle du <em>Livre des miracles</em>, dit du pèlerin suicidé, on lit ceci : <br />  " <em>Le démon, jaloux, prit une forme humaine assez convenable, s’approcha du jeune pèlerin qui avait forniqué et lui dit&nbsp;: «&nbsp;Sais-tu qui je suis&nbsp;?&nbsp;». L’autre répondit&nbsp;: «&nbsp;Nullement ». Le démon reprit&nbsp;: «&nbsp;Je suis l’apôtre saint Jacques…</em> " <br />   <br />  Sur cette image du XVe siècle, Satan, à gauche, n'est reconnaissable que par son bonnet rouge et ses cornes (<fontsize>frontispice du cartulaire de l’hôpital Saint-Jacques de Tournai).</fontsize>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8824951.jpg?v=1680724523" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      Ce même miracle est également raconté dans les <em>Miracles de Notre-Dame</em> de Gautier de Coincy mettant en scène le pèlerin de Saint-Jacques&nbsp; <em>« devant [qui] le diable vint en guise d’homme&nbsp;»</em>. <br />  L'illustration du XIIIe siècle, reproduite ci-dessous, montre Satan sous ses deux formes successives ; en haut il se présente en homme, en bas il est le diable qui enlève l'âme (Besançon bibl. mun. Ms 551, fol.48).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8827517.jpg?v=1680723546" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
       <br />   <br />  Cette image d'un manuscrit du XVe siècle (Paris, BnF, naf 24541, fol 57v) est une autre illustration de ce miracle. Elle&nbsp;montre Satan, reconnaissable à ses cornes et à ses membres poilus déguisé en homme pour tromper le pèlerin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Parenté de la scène de l'Enfeu IV avec celles de la mort de Charlemagne</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/5922655-8824936.jpg?v=1380811575" alt="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " title="Le message de l'enfeu 4 de l’hôtel des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse " />
     </div>
     <div>
      La légende de Charlemagne, évoquée ci-dessus, explique la présence de saint Jacques, explique également la présence de Satan.&nbsp; En effet, au moment de la mort de l'empereur, saint Jacques déroba l’âme de Charlemagne aux démons qui s'apprêtaient à l'emporter. <br />  En témoigne ce dialogue entre l'évêque Turpin et un démon : <br />  <em>«&nbsp;Je vis passer devant moi des cohortes de noirs guerriers […] Quand ils furent tous passés, j’en remarquai un […], semblable à un Éthiopien. Je lui demandai : « Où vas-tu ? » « À Aix, me répondit-il, pour assister à la mort de Charles et emporter son âme en enfer. » […] À peine avais-je achevé le psaume que les mêmes cohortes repassèrent devant moi, et je demandai à celui auquel j’avais parlé : « Qu’as-tu fait ? » Le démon de me dire : « Un Galicien sans tête a mis dans la balance tant de pierres et tant de bois qui ont servi aux basiliques élevées par lui que ses bonnes œuvres ont pesé plus que ses péchés. Il nous enleva son âme et l’a remise aux mains du roi suprême. » Je compris par là que […] par le secours du bienheureux Jacques, il avait été emporté dans le royaume des cieux.&nbsp;»</em> <br />  Sur l'illustration ci-dessus<a class="link" href="#ftn3"><sup>3</sup></a>  les démons n'ont pas figure humaine. Ils ne l'ont pas davantage sur la 3e face du noeud du <a class="link" href="http://www.saint-jacques-compostelle.info/photos/Le-sceptre-de-Charles-V_ga28333.html" target="_blank">sceptre de Charles V</a>.
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     <div><b>Le message de l'iconographie de l'enfeu 4</b></div>
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      <div style="text-align: justify;">Au terme de cette étude il est possible de confirmer que l'iconographie de l'enfeu n°4 n'a aucun rapport avec les chemins de Compostelle.</div>  Elle associe deux images : <br />  - celle de saint Jacques intervenant au moment de la mort, comme il l'a fait pour Charlemagne et le chanoine de Bordeaux <br />  - celle de Satan camouflé sous ses traits pour tromper le pèlerin, comme dans le miracle numéro 17. <br />   <br />  Le message de l'iconographie de l'enfeu n° 4 est très clair : saint Jacques, par sa simple présence, dit aux anges de sauver le défunt, pourtant guetté par le démon<span style="color:#008000;"> </span>qui avait pris son apparence.
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      <div>&nbsp;  <hr align="left" size="1" width="33%" /><a class="link" href="#bodyftn1">1</a>  Pousthomis-Dalle Nelly, «&nbsp;Toulouse : hôtel Saint-Jean, ancien Grand Prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : décor peint des enfeus&nbsp;», <em>Bulletin Monumental</em>, t.160 n°2, 2002, pp. 189-192 <br />  &nbsp;  <div>  <div id="ftn2"><a class="link" href="#ftn2">2</a>  &nbsp;<span style="text-align: justify;">&nbsp;Gaborit&nbsp;Michèle,&nbsp;</span>«&nbsp;Saint Jacques, passeur d’âmes. Peintures murales funéraires du XIVe siècle dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux&nbsp;», Actes du colloque de Saintes, <em>Rencontres sur les chemins de Saint-Jacques</em>, dir. Denise Péricard-Méa, 18-20 octobre 2002, éd. Atlantica, 2003, p. 61-80.</div>  </div>  &nbsp;    <div>  <div id="ftn3"><a class="link" href="#ftn3">3</a>  &nbsp;Musée Condé, ms 722 -1196, fol 113v, XVe siècle.</div>  </div>  </div>  
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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