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 <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
 <subtitle><![CDATA[L'histoire et des légendes de saint Jacques, Charlemagne et Compostelle revisités. Mieux comprendre Compostelle, l'Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe et le Patrimoine mondial. Informer les pèlerins, les touristes, les responsables politiques et administratifs. Interpréter et sauvegarder le patrimoine Saint-Jacques.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-18T10:36:37+02:00</updated>
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   <title>Regard sur Vista Alegre, lieu d’accueil du pèlerin</title>
   <updated>2024-02-02T07:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.institut-irj.fr/Regard-sur-Vista-Alegre-lieu-d-accueil-du-pelerin_a110.html</id>
   <category term="PÈLERINS ET PÈLERINAGES" />
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   <published>2011-02-02T15:58:00+01:00</published>
   <author><name>Mercedes Sáenz-Diez de la Gándara</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cet article complète le récit du pèlerinage effectué par Jaime Figueras pendant l'année sainte 1948 déjà publié. Il est écrit par la petite-fille de la personne qui a accueilli leur groupe de pèlerins catalans à Compostelle. Ce témoignage apporte un éclairage sur la vision du pèlerinage dans une grande famille compostellane.     <div><b>Une tradition d'hospitalité</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2664808-3764569.jpg?v=1296660843" alt="Regard sur Vista Alegre, lieu d’accueil du pèlerin" title="Regard sur Vista Alegre, lieu d’accueil du pèlerin" />
     </div>
     <div>
      &nbsp;En Espagne, voyages et pèlerinages sont une tradition. L’Espagne a navigué, ouvert des routes et découvert des continents, ce qui a marqué son histoire et sa foi. Quel motif pousse les hommes à abandonner leurs habitudes quotidiennes et se mettre en marche sur une route pleine de fatigues et de dangers ? Pour le Chemin de Saint-Jacques, la réponse ne peut pas être unique. Parmi les raisons qui poussent les gens à entreprendre le pèlerinage on trouve toujours en premier la recherche du bien ou, plus précisément, le besoin spirituel de transcendance, de rencontre avec Dieu. <br />  Le pape Calixte II, au XIIe siècle, disait :  <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">  <div style="margin-left: 3px;">« Personne ne peut compter le nombre des bienfaits que l’apôtre a accordés à ceux qui le prient d’un cœur sincère. Par la grâce de Dieu, nombreux sont ceux qui y allèrent pauvres, qui furent ensuite aisés, de nombreux malades en revinrent guéris, de nombreux adversaires s’y sont réconciliés, de nombreux laïcs s’y firent moines, de nombreux avares y devinrent généreux, de nombreux usuriers y devinrent donateurs, de nombreux orgueilleux y devinrent humbles, de nombreux menteurs y devinrent véridiques, de nombreux spoliateurs y donnèrent leurs vêtements aux pauvres, de nombreux hors-la-loi y rentrèrent dans la légalité, de nombreux juges corrompus y apprirent à défendre la vérité, de nombreuses femmes stériles y devinrent fécondes, de nombreux méchants y devinrent justes » . (<span style="font-style: italic;">Codex Calixtinus</span>, Livre I, pèlerinage en Galice)</div>  </div>   <br />  A Santiago ne viennent pas seulement des foules en prière mais des randonneurs ou des voyageurs nés. Pour tous se dévoile la fascinante <span style="font-style: italic;">Finis Terrae</span> et la connaissance de tout ce qui est lié au pèlerinage, en particulier les vestiges témoins du passé historique de ce qui est le « phénomène Saint-Jacques ». La beauté de la nature les accompagne tout au long de la marche
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des hôtes inspirés par le Codex Calixtinus</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2664808-3764570.jpg?v=1296660933" alt="Regard sur Vista Alegre, lieu d’accueil du pèlerin" title="Regard sur Vista Alegre, lieu d’accueil du pèlerin" />
     </div>
     <div>
      Et c'est là que je reviens à la demande de mon ami Jaime Figueras de compléter de mes souvenirs personnels l'histoire de son premier pèlerinage à l'été 1948. <br />   <br />  Je me souviens de l'arrivée des garçons catalans disciplinés et corrects dirigés par le prêtre amical et célèbre, Antonio Batlle. <br />  Même si nous avons toujours servi l'étranger en détresse, cette arrivée des jeunes gens venus camper dans notre oliveraie avec une vitalité joyeuse et saine a marqué mes 10 ans. Dans mon souvenir, nous avons préparé à l’avance cette arrivée des huit adolescents, selon ce que recommandait le Codex Calixtinus : <br />  &nbsp;  <div style="border-left: 1px solid rgb(196, 196, 196); margin-left: 12px;">  <div style="margin-left: 3px;"><span class="dq_open">« Riche ou pauvre, le pèlerin qui va à Saint-Jacques doit trouver dans toutes les nations l’hospitalité et le respect. Car celui qui le reçoit et s’empresse de lui donner l’hospitalité n’a pas seulement pour hôte saint Jacques, mais notre-Seigneur lui-même. N’a-t-il pas dit dans son Évangile : Qui vous reçoit, me reçoit » . (<span style="font-style: italic;">Codex Calixtinus</span>, Livre V, chap. XI, accueil à réserver aux pèlerins de Saint-Jacques). </span></div>  </div>   <br />  <span class="dq_open">Compte tenu de ces recommandations sérieuses et valables, mes frères et moi avons essayé de les servir avec une discrétion attentive et douce. Chaque jour, nous sommes venus près du chêne avec un panier de pommes, une cruche de lait, une barre de savon, de l'aspirine, des pansements ou des œufs frais. Je me souviens de mon frère Javier, qui avait 8 ans, revenant en disant : « Ton ami Jaime et ses compagnons ont une dette envers moi ». Je suppose que, comme il arrivait avec une corbeille de fruits, Antonio (le père Battle) lui avait donné une pièce de monnaie pour acheter des bonbons. En arrivant à la maison, heureux avec son trophée, mes parents l'avaient grondé d’avoir accepté car l'aide à un pèlerin devait être charitable et gratuite. Je le revois faisant le chemin en sens inverse, la tête basse. <br />  Mais ce dont je me souviens le mieux, c’est la messe quotidienne du père Batlle dans la chapelle et de ses homélies pastorales. Elle se prolongeait par le petit déjeuner au cours duquel il racontait les événements de la veille et parlait du programme de la journée. <br />   <br />  La Villa Vista Alegre, d’une superficie d’environ quatre hectares, située à l’époque à la périphérie de la ville, y est maintenant intégrée. Elle conserve son plan d’origine et en particulier ses vues privilégiées vers Saint-François et les tours de la cathédrale, qui font honneur à son nom. Je vous la présenterai plus longuement. </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Récit d'un pèlerin de 1948</title>
   <updated>2010-12-20T22:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.institut-irj.fr/Recit-d-un-pelerin-de-1948_a105.html</id>
   <category term="PÈLERINS ET PÈLERINAGES" />
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   <published>2010-12-15T20:54:00+01:00</published>
   <author><name>Jaime Figueras Riba</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
En 1948, l'Action Catholique Espagnole a organisé un grand pèlerinage de jeunes à Compostelle. Plus de 60 000 jeunes s'y sont réunis. Parmi eux, Jaime Figueras Riba, de Barcelone. Il avait 14 ans. Parvenu à l'âge de la retraite, il a pris le bâton du pèlerin et depuis a parcouru plus de 6 000 km. Il nous livre ici ses souvenirs de l'année 1948     <div><b>Mon premier pèlerinage à Compostelle </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3598221.jpg?v=1292485404" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      On m’a demandé d’écrire quelque chose sur mon pèlerinage à Santiago dans l'été de 1948 ….                                            <br />                                           <br />Cela m'a semblé facile au commencement mais maintenant je me rends compte que ma mémoire … 62 ans se sont écoulés … est pleine d’incertitudes. Bien que j'aie quelques images très claires, j'ai aussi de grandes lacunes précisément sur ce que j’allais faire en Galice et par conséquent aussi sur ce que j'y ai finalement fait. Comme il me plaît de m'acquitter de mes promesses, je vais essayer d'entrer dans les brouillards de mon passé et de transférer ici les expériences élémentaires de l'adolescent de 14 ans que j’étais et qui était immergé à cette époque dans la grande œuvre de lord Baden Powell … les Boy Scouts ou <span style="font-style: italic;">Minyons de Muntanya</span>, comme ils se nommaient alors dans ma terre, la Catalogne. Je vais donc me lancer !                                            <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un long voyage</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3598915.jpg?v=1292487128" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      Je me vois ensuite, entrant par une chaude après-midi d'été, dans la gare de France de Barcelone où le père Batlle m'attendait avec le groupe réduit de scouts qui seraient mes compagnons. A ce moment là, le mouvement scout était interdit en Espagne, comme tant d'autres choses, parce que les jeunes hommes étaient mobilisés pour le Front de Jeunes de la Phalange Espagnole. Cependant notre prêtre était protégé par l'évêque de Barcelone de l'époque,&nbsp; Dr. Modrego, militaire et aragonais, qui en ce temps connaissait l'influence positive que le père Batlle exerçait sur la jeunesse de son environnement, chose que je confirme par mes propres expériences quand j'étais scout. Un autre protecteur était, rien de plus et rien moins que l'abbé Escarré de Montserrat, qui bien qu'il n'ait pas été un fidèle du Régime, était une personne très influente en Catalogne.                                           <br />                                           <br />Donc, avec nos&nbsp; uniformes scouts flambant neufs, nous montons dans un train à vapeur, (en 3e classe naturellement) sous le regard surpris des passagers qui se dirigeaient à Madrid. Nous passons toute la nuit dans le train et arrivons alors que l'après-midi est bien avancée, avec juste le temps de prendre le train de La Corogne. Le voyage nous a pris un jour et demi.                                            <br />                                           <br />De ce déplacement j'ai peu de souvenirs. Mais si, je me souviens de la saleté de notre compartiment et de la suie qui entrait par les fenêtres ouvertes. Le train était si plein que pour descendre à Astorga (où il s'arrêtait 1 h. ! ! !) nous avons dû sortir par la fenêtre, y compris le prêtre avec sa soutane jusqu'aux pieds, aidé par les plus grands du groupe et accompagné de nos rires. Je me souviens aussi d’un personnage qui parcourait les wagons en mettant en tombola un gâteau noirâtre à la crème. Avec ce qu'il touchait de ce tirage (il disposait de quelques gâteaux), il payait son voyage vers sa terre. Et si par hasard le gagnant ne sortait pas, il le mangeait comme dîner. Je n'ai jamais su s'il gardait les gâteaux restant pour les proposer à son retour à Barcelone.                                           <br />                                           <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des tentes dans la chênaie à Vista Alegre</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3598994.jpg?v=1292488075" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      Je n'ai pas le moindre souvenir de mon arrivée à Santiago. En revanche je me souviens de l'entrée à la propriété <span style="font-style: italic;">Vista</span> <span style="font-style: italic;">Alegre</span>, située dans les environs de Santiago et où, dans la chênaie du fond, nous plantons nos tentes. Cette propriété appartenait à la grand-mère d'une bonne amie, <strong style="font-weight: normal;"><font size="2" face="Tahoma">Mercedes Sáenz-Diez de la   Gándara</font></strong>, née dans cette maison et qui passait l'été en Galice …                                      <br />                                     <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3602689.jpg?v=1292563561" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      Mais de tout cela j’ai été informé beaucoup plus tard quand à Majorque,   je suis intervenu par hasard dans une conversation qu'elle avait avec   mon épouse, lui expliquant qu'une année, alors qu’elle était petite et   passait l’été à Santiago, un prêtre et quelques garçons avaient campé   dans son jardin et que chaque jour avec ses parents elle avait assisté à   sa messe dans la chapelle baroque, la chapelle bleue de la grand-mère.   Je suis resté stupéfait de voir qu'elle me mentionnait … et encore plus   qu’elle disait que j'étais l'un des enfants de chœur. Je n'oublierai   jamais ce moment : le monde est parfois petit ! ! !                     
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3599869.jpg?v=1292497746" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      Le premier matin nous sommes allés présenter nos lettres de créance et   les réunions des jeunes de toute l'Europe ont commencé. Nous, les   petits, nous n'y assistions pas, ce pourquoi je ne suis pas capable d’en   transmettre l'atmosphère ni ce qui y a été traité. Ce dont je me   souviens est que le père Batlle a connu le délégué de l'époque des   Jeunes du Vatican, Monseigneur Pignedoli, la personnalité la plus   importante de ce pèlerinage qui a daigné visiter notre campement. J’ai   photographié ce moment avec mon appareil, mais malheureusement la photo   est restée floue.    
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3599399.jpg?v=1292497000" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      J’en joins une autre, prise à Rome pendant l’année Sainte de 1950.   Curieusement le scout sans chapeau qui se voit à gauche est Jordi Bonet,   architecte depuis plus de 25 ans de l’église de la Sainte-Famille,   projetée par Antoine Gaudí et qu’il a eu l'honneur de présenter à Benoît   XVI le 7 novembre passé. Cette scène a été reprise par toutes les   télévisions du Monde.               <br />               <br />               <br />La routine était des plus agréables. Après la messe de 9h nous nous   préparions le petit déjeuner près des tentes sous un auvent qui était   dans un angle du mur de pierre entourant la propriété. Il y avait une   grande table et un banc de pierre qui nous servaient de salle à manger.                                       <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A Compostelle ...</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3599074.jpg?v=1292564704" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      Je me rappelle aussi l'impression que m'a causée la Place de l'Obradoiro avec sa multitude de pèlerins et j'ai eu l'occasion de photographier notre prêtre près de son protecteur Monseigneur Modrego. Je me souviens aussi des rues qui accèdent à la Cathédrale bien que cela n'ait pas de mérite puisque quand je suis arrivé à Santiago en 1999 lors de mon premier pèlerinage à pied et que j'ai vu ces rues, j'ai pensé être revenu à 14 ans. Rien n’était changé, l'horloge du temps s'était arrêtée. Comme anecdote j'ajouterai que cet automne, en finissant mon 10e Chemin, j'ai découvert le magasin où il y a 62 ans j'avais acheté une statue en bois d'un pêcheur galicien comme cadeau pour mon père, grand amateur de mer et de pêche.                                    <br />                                    <br />Je ne peux pas concrétiser les jours passés là. Mais ce qui m’a le plus impressionné au niveau social a été de connaître mon premier pèlerin à pied. Il était belge et avait marché en solitaire depuis Bruxelles. Va pèlerin ! Traverser l'Europe, à trois ans de la fin de la deuxième Guerre mondiale, et sans aucun service comme maintenant ! Moi, avec 7300 km dans les pieds et 10 Compostelas, je me sens petit et humble en y pensant. Il m'a semblé plus âgé bien que maintenant je crois qu'il n'avait pas plus de 35 ans. Je me souviens toujours de la chanson médiévale wallone qu’il nous a apprise et que je chantonne quand je marche seul sur le chemin des Étoiles. Le Chemin c’est cela : l'Amitié pour toute la vie avec des gens que sans doute tu ne reverras pas mais qui demeurent dans le souvenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La figure d'un saint contemporain éclaire ces souvenirs</b></div>
     <div>
      Une autre chose qui maintenant m'intrigue est que durant notre séjour en Galice personne ne nous a inquiétés malgré notre uniforme scout et nos conversations en catalan. Avec les années, je suis arrivé à la conclusion que Franco étant Galicien et grand admirateur de l'apôtre Santiago, le personnel de la Phalange a probablement craint que toute intervention de sa part pourrait être mal vue car même en cette année 1948 il y avait beaucoup d'Européens sur place.                                   <br />                                   <br />Je ne me rappelle pas non plus avoir été au Monte del Gozo ni en avoir entendu parler, c’est étrange. En revanche, nous sommes montés à la Montagne Pedroso, juste de l'autre côté de la ville, où le prêtre après avoir vu qu'il n'y avait personne, a enlevé sa soutane et a fait une lutte libre avec nous. Essayez d'imaginer comment était le clergé de l’époque. Mais notre prêtre était en avance sur son temps.                                   <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3602701.jpg?v=1292572756" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      En 2005, lors de l'hommage à l'occasion du 50e anniversaire de son décès   et tandis que la plaque correspondante était dévoilée dans la montagne   de Montserrat, j'ai pensé que j’avais eu le privilège de vivre quelques   années avec un saint qui n'est pas sur les autels mais qui marche près   de moi dans mes pèlerinages. J'ai aussi appris, il y a quelques années   que Monseigneur Pignedoli avait énormément progressé au Vatican jusqu'au   point d'arriver à être "papable", je crois, lors de l'élection de Paul   VI. Je conserve dans mes "Trésors" pèlerins une médaille de la Vierge   qu’il nous a offerte deux ans plus tard à Rome.  				 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pèlerinages à Vista Alegre</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3599160.jpg?v=1292565370" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
     </div>
     <div>
      En ce qui concerne la <span style="font-style: italic;">Vista</span> <span style="font-style: italic;">Alegre</span>, j'ai essayé de la localiser en 2000, sans succès puisque je la cherchais en dehors de la ville et qu’actuellement elle est à l’intérieur. En 2003 j'ai parcouru le Chemin avec l'époux de Mercedes et finalement j’ai pu connaître la nouvelle <span style="font-style: italic;">Vista</span> <span style="font-style: italic;">Alegre</span>, transformée en un centre Européen de Culture de Santiago. La Villa s'est convertie en résidence des professeurs et universitaires qui donnent les cours et dans l'énorme jardin on a construit l'Auditorium et l'école supérieure de Musique. J'ai eu la satisfaction de reconnaître la chênaie de notre campement mais non l'auvent, qui avait disparu. Après avoir demandé notre table de pierre, on m'a conduit à l’endroit du jardin où elle avait été placée et pour un instant, il m'a semblé y voir nos plats en aluminium et le père Batlle bénissant la table et sa nourriture.                                  <br />                                  <br />           <br />                                  <br />                                <br />                                <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/2551873-3602696.jpg?v=1292564306" alt="Récit d'un pèlerin de 1948" title="Récit d'un pèlerin de 1948" />
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      À partir de ce moment, presque chaque année je suis allé terminer le pèlerinage à <span style="font-style: italic;">Vista</span> <span style="font-style: italic;">Alegre</span>.   Cet automne je l'ai fait avec un couple suédois que j'avais rencontré   et je leur racontais en visitant ce que le lecteur achève de lire. Après   être arrivés à la table de pierre ils ont fait la photo ci-jointe qui   m'a fait mesurer la sensibilité de mes accompagnateurs.                         
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      Nous avons fait le voyage de retour en passant par Lugo et je me   souviens que tandis que nous attendions l'autobus près de l’imposante   muraille romaine je me suis séparé quelque peu du groupe et me suis   rendu compte que les gens nous observaient avec surprise. Je suppose que   par nos uniformes mais surtout parce que nous parlions catalan, langue   qu'ils ne pouvaient identifier, ils nous ont pris pour 10 nationalités   distinctes sans deviner juste, jusqu'à ce que quelqu'un nous le demande.   Les temps ont changé et ne parlons pas des médias.                                    <br />                                  <br />Mon retour à la maison a été dur   puisque je suis arrivé avec beaucoup de fièvre et le médecin a estimé   une paratyphoïde qui m'a tenu presqu'un mois au lit … mais à 14 ans …   ahhh !&nbsp; En Octobre j’étais déjà au collège à raconter mes aventures.                                    <br />         <br />J'ai évoqué l’époque actuelle dans <span style="font-style: italic;">Mundicamino</span>   où m'a trouvé Denise Péricard-Méa. Je la remercie de l'opportunité   qu’elle m'a offerte de faire   l'effort de rédaction qui peu à peu m'a   reporté à mon adolescence. Je veux aussi lui dire que je ne crois pas   que cette "petite histoire" lui serve à son travail pour la "grande   histoire". J'ai perdu mon épouse il y a 4 ans et quand Noël approche mon   moral est bas. Mais y penser le relève et comme le pèlerin que je suis,   je dois dire : <span style="font-style: italic;">Ultreia et Suseia</span> ! ! !                                 <br />         <br />Un million de mercis et un heureux Noël !                                <br />                         
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