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  <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
  <description><![CDATA[L'histoire et des légendes de saint Jacques, Charlemagne et Compostelle revisités. Mieux comprendre Compostelle, l'Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe et le Patrimoine mondial. Informer les pèlerins, les touristes, les responsables politiques et administratifs. Interpréter et sauvegarder le patrimoine Saint-Jacques.]]></description>
  <link>https://www.institut-irj.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-11T12:10:56+02:00</dc:date>
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   <title>Institut recherche jacquaire (IRJ)</title>
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   <title>Le site de consultation de la base de donnée du Patrimoine Saint-Jacques</title>
   <pubDate>Thu, 29 Jan 2026 13:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>IRJ</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[COMPOSTELLE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'intérêt de l'IRJ pour le patrimoine est fondamental. Il a été créé par la Fondation David Parou Saint-Jacques pour réaliser le projet Etoiles du Patrimoine Saint-Jacques à l'échelle européenne. Ce projet repose sur une base de données et une méthode. Le site de consultation présenté ici en est un élément essentiel.     <div><b>Une base de données modernisée</b></div>
     <div>
      La base de données de la Fondation David Parou, mise à disposition de l'IRJ a été complétée et modernisée. Elle utilise maintenant un logiciel open source remplaçant le logiciel FILE MAKER. <br />  Son contenu et ses critères de gestion ont été formalisés plus strictement et son accès limité à un petit nombre de chercheurs et informaticiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une base de données au service d'un projet</b></div>
     <div>
      La première version du site de la base Patrimoine jacquaire proposait une consultation par une recherche plein texte sur l'ensemble de la base.<br />
Séduisante à première vue, elle a montré ses limites. L'abandon de FILE MAKER en 2019 a permis de développer une nouvelle méthode utilisant les filtres des principales caractéristiques des éléments répertoriés dans la base.<br />
&nbsp;

<h4  "align =center">Vers un inventaire complet du patrimoine jacquaire européen</h4>



Proposé par l’IRJ, ce site est dédié à l'inventaire et à la valorisation du patrimoine jacquaire européen. Il est destiné à recenser, documenter et partager les connaissances sur les monuments, objets d'art, personnalités et institutions en rapport avec l’histoire et les trois légendes de saint Jacques, Charlemagne et Compostelle

Le parti pris est de considérer, comme les fidèles du Moyen Age, que derrière ce patrimoine, il n’y a qu’un saint Jacques apôtre et auteur de l’Epître.<br />&nbsp
<br />
En rassemblant des informations dispersées et les rendant accessibles et ouvertes à des contributions extérieures, l’IRJ participe à la valorisation de cet héritage. Il répond à des enjeux majeurs de préservation et de valorisation du patrimoine jacquaire européen, matériel et immatériel, existant ou disparu, un patrimoine exceptionnel.</p>
</div>


     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un site ouvert aux contributions des visiteurs</b></div>
     <div>
      Le site de consultation est ouvert à l'adresse ci-dessous :  <div style="text-align: center;"><a class="link" href="https://saintjacquesinfo.eu/">https://saintjacquesinfo.eu</a> </div>    <div style="text-align: justifiy;"> <br />  L'exploitation permettra une exploration plus ou moins profonde de la base, des caractéristiques de chaque type d'élément des principales tables et de leurs valeurs. Elle mettra aussi en évidence ses manques. <br />  C'est pourquoi le site offre la possibilité à ceux qui connaissent du patrimoine jacquaire de participer à l'enrichissement de la base par des compléments d'information ou des photographies d'éléments déjà répertoriés ou l'introduction d'éléments nouveaux.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.institut-irj.fr/Le-site-de-consultation-de-la-base-de-donnee-du-Patrimoine-Saint-Jacques_a785.html</link>
  </item>

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   <title>La Fédération Camino Europa Compostela</title>
   <pubDate>Sat, 10 May 2025 17:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>IRJ</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[COMPOSTELLE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div><b>Une nouvelle association dans le paysage jacquaire européen</b></div>
     <div>
      <h3>Le 8 Mai 2024 s’est tenue à Bruxelles l’Assemblée constitutive de Camino Europa Compostela</h3>  Elle a permis la signature officielle des statuts par les représentants des 6 associations fondatrices, aboutissement d’un travail initié à Madrid à l’automne 2021.    <p data-end="247" data-start="225" style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0);">Selon l'article 3 des statuts, l'association vise à : <br />    <p data-end="466" data-start="251"><strong data-end="318" data-start="251">Promouvoir les valeurs fondamentales du Chemin de Saint-Jacques</strong>,&nbsp; <br />  ​<strong data-end="548" data-start="470">Soutenir et coordonner les actions des associations jacquaires européennes</strong>, <br />  <strong data-end="729" data-start="664">Représenter ces associations auprès des instances européennes</strong>, <br />  <span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: Asul, Arial, sans-serif; font-variant-ligatures: normal; orphans: 2; widows: 2; text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial;">&nbsp;</span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Membres fondateurs</b></div>
     <div>
      <span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-family: -webkit-standard; font-size: medium;">Les membres fondateurs sont : <br />   Compostelle France©, FFACC Fédération Française des Associations des Chemins de Saint Jacques Compostelle <br />   FEAACS Federación Española de Asociaciones de Amigos del Camino de Santiago <br />   La Nederlands Genootschap van Sint Jacob <br />   La Vlaams Genootschap van Santiago de Compostela <br />   L’Association Belge des Amis de Saint-Jacques de Compostelle <br />   La Société Française des Amis de Saint-Jacques de Compostelle</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Membres associés</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/88463298-62660536.jpg?v=1747152383" alt="La Fédération Camino Europa Compostela" title="La Fédération Camino Europa Compostela" />
     </div>
     <div>
       <br />   <br />   <br />   <br />  Outre les fondateurs, la Fédération comprend des membres associés (voir statuts). Le lien ci-dessous en donne la liste, qui figure sur le site de la Fédération (elle comprend quelques &nbsp;membres fondateurs). <br />  <a href="https://www.caminoeuropacompostela.eu/sobre-nosotros/miembros-asociados/" rel="nofollow" target="_blank">Membres associés</a> <br />   <br />  Les membres associés participent aux AG où ils ont droit de vote. <br />   <br />  L'IRJ qui avait déjà des contacts avec une association allemande constate que CEC ne comprend aucune association de ce pays. Riche en associations dont certaines très concernées par leur patrimoine son absence dans ce nouveau concert jacquaire associatif ne sera sans doute que de courte durée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Lien vers le site Internet de CEC</b></div>
     <div>
      <h4 style="text-align: center;"><span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 18pt; font-family: Calibri, sans-serif;"><a class="link" href="http://www.caminoeuropacompostela.eu/"><span lang="EN-US">www.caminoeuropacompostela.eu</span></a>  </span></h4>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.institut-irj.fr/photo/art/imagette/88463298-62660536.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.institut-irj.fr/La-Federation-Camino-Europa-Compostela_a764.html</link>
  </item>

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   <title>Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !</title>
   <pubDate>Thu, 12 Dec 2024 22:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denise Péricard-Méa</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[COMPOSTELLE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le 26 octobre 2024, lors des 2e Patrimoniales organisées par l’IRJ et l’association Compostelle-Bretagne, le professeur Miguel Taín, directeur de la chaire du Camino à l’Université de Compostelle a traité de l’iconographie du maître-autel de la cathédrale. A la fin de sa communication il a, presque incidemment, évoqué la présence actuelle d’un cénotaphe de saint Jacques (monument élevé à la mémoire d'un mort) installé sous la table d’autel au XVIIe siècle. Ce monument est aujourd’hui occulté par la plaque d’argent qui ferme la face antérieure de cet autel. Je le remercie chaleureusement des références qu'il m'a données et de certaines photogrpaphies illustrant cet article dont il a bien voulu assurer la relecture.     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un cénotaphe spectaculaire</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60600826.jpg?v=1734084107" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Ce cénotaphe est très rarement et rapidement mentionné par les guides, et sa révélation est un scoop, un «&nbsp;secret&nbsp;» de Compostelle, enfin mis en lumière&nbsp;! De quoi satisfaire quelques auteurs en manque de sujets neufs&nbsp;!</div>  &nbsp;    <div style="text-align: justify;">Ce monument caché vient enrichir l’imaginaire collectif, toujours obnubilé par le Moyen Age, en le plongeant dans la mentalité nouvelle de la Contre-Réforme.</div>  &nbsp;    <div style="text-align: justify;">Pourquoi les spécialistes ont-ils gardé cette information confidentielle&nbsp;? Le sujet leur a-t-il semblé anecdotique&nbsp;? Pas assez médiéval&nbsp;? Y a-t-il eu simplement volonté de l’Eglise de focaliser sur la crypte située juste en dessous, qui aurait été murée au XIIe siècle&nbsp;et réouverte en 1882&nbsp;?</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60600829.jpg?v=1734083709" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Construit dans les années 1665-1670 ce cénotaphe occupe tout l’espace situé sous la table d’autel. Il est fait d’un&nbsp;grand édicule ajouré par des arcades en jaspe rose et marbres. Il est disposé juste au-dessus du «&nbsp;tombeau&nbsp;» invisible de saint Jacques, constituant une sorte de prolongement de ce dernier. Au sol, sur le pavage, est posé un couvercle de tombeau fictif, de deux mètres sur un&nbsp;; il est de jaspe rouge, une pierre évoquant le sang du martyre de saint Jacques. On le voit à travers les arcades. <br />  Il succède à un cénotaphe du XIIe siècle, moins spectaculaire et, surtout, invisible aux pèlerins. Le résultat de cet aménagement nouveau fut que les pèlerins ont immédiatement identifié le cénotaphe comme étant le tombeau de saint Jacques. Enfin, ils pouvaient le voir ! Miguel Taín cite plusieurs exemples issus de récits de ces pèlerins, parmi lesquels : <br />  &nbsp; <br />  <span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">«&nbsp; - 1672 « les reliques du corps de l'apôtre saint Jacques… reposent sous l'autel majeur » <br />  -&nbsp;1717 « ici, sur le sol, dans une boîte en marbre, dont le couvercle est visible, repose le corps de saint Jacques »</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pourquoi ce cénotaphe ?</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Il a été voulu pour prouver visuellement la présence du corps de saint Jacques, mise en doute par Rome dès la fin du XVIe siècle. Au XVIIe siècle les Cortès de Castille (une sorte de Parlement) sont en conflit avec le roi Philippe IV&nbsp;; alors que ce dernier se bat pour la conservation intégrale de la légende de saint Jacques, ils pensent au contraire dessaisir l’apôtre de son titre de patron de l’Espagne pour l’attribuer à sainte Thérèse d’Avila, canonisée en 1617. Dans le contexte de la Contre-Réforme, l’Espagne catholique se doit de rehausser la renommée de Compostelle;&nbsp; <br />   <br />  En 1643 Philippe IV initie l’offrande royale annuelle de 1000 écus pour financer les travaux. Une manière d’oublier la guerre de Trente ans&nbsp;et la récente défaite de l’Espagne à Rocroi, face au roi de France. Une manière aussi d’attirer des pèlerins en plus grand nombre (de fait, ils arrivent parfois en groupes, venus de pays Protestants).&nbsp;</div>    <div style="text-align: justify;">Quant au&nbsp;projet de construction, il spécifie que le cénotaphe sera une réponse aux doutes des pèlerins, relatifs à la présence réelle du corps de saint Jacques&nbsp;; il est fait &nbsp;: <br />  &nbsp;</div>  <span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">« afin qu'à ce que nous entendons souvent, " qu’est-ce que c’est ? Où se trouve le corps ou le tombeau de notre saint apôtre ?", l’œuvre réponde, avec sa beauté et la grandeur des marbres et du jaspe »</span>    <div style="text-align: justify;">En effet, depuis la fin du XVe siècle les questions de pèlerins curieux se multiplient, que nous avons évoquées dans la lettre 178</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Questions de pèlerins : Arnold von Harff</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60600836.jpg?v=1734088382" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
      &nbsp;  <div style="text-align: justify;">En 1499, le chevalier Arnold von Harff témoigne dans son récit de sa demande de voir le corps du saint et des invectives reçues des chanoines en retour :&nbsp;</div>   <br />  <span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">«&nbsp;En outre on dit que le corps de saint Jacques le Majeur est dans le grand autel…&nbsp;&nbsp;Moi, j’ai essayé, en faisant des offres importantes, qu’on me montre ce saint corps. On m’a dit que ce n’était pas la coutume de le faire, et que celui qui doute que ce fût son corps, à l’instant devienne fou comme un chien enragé. Cela me suffit&nbsp;».&nbsp;</span> <br />   <br />  <em><span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">Page du manuscrit de Arnold von Harff, montrant le glossaire breton-bas allemand sous une image du costume breton (Wikipedia).</span></em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Parfois, les chanoines profèrent des menaces terribles :  </b></div>
     <div>
      <span style="font-size: 12pt; caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">« &nbsp;Il faut croire le corps de saint Jacques le Grand est sous le grand autel, ou encourir l’excommunication papale ! »</span>  <div style="text-align: justify;">`</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ou inventent des histoires à dormir debout,</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60622981.jpg?v=1734202448" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">&nbsp;telle celle que&nbsp;rapporte Antoine de Lalaing en 1502&nbsp;:</div>  <span style="font-size: 12pt; caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">« Au creux de l’église, sous le grand autel, gît le corps de saint Jacques le Grand avec deux de ses disciples, martyrs. Homme n'y entra après un saint évêque qui célébrait chaque jour la messe près du corps de l’apôtre, seul, administré par des anges. Des jaloux envoyèrent son neveu pour lui servir la messe. Dès qu’il fut descendu, il perdit subitement la vue ; il la recouvra par les prières de son oncle. A la mort de ce dernier, son successeur, voulant faire pareil, un jour descendit dans la crypte pour dire la messe. Il trouva sur l'autel six cierges brûlant sans se diminuer (c’est en leur mémoire que six cierges brûlent en permanence sur le grand autel de saint Jacques). Cet évêque, se préparant à la messe, croyant ceinturer son aube, coupa son corps en deux, et mourut misérablement. C’est pourquoi pour ce miracle et cette vengeance divine prise sur celui qui prétendait faire comme son saint prédécesseur, nul, si hardi qu’il soit, n'a osé y entrer ».&nbsp;</span>    <div style="text-align: right;"><em><span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">Antoine de Lalaing, accompagnant Philippe le Beau lors de la prise de possession du royaume d'Espagne (Wikipedia)</span></em></div>    <div style="text-align: justify;"> <br />  Et le comble, en 1534, à Compostelle, un «&nbsp;vieux docteur en théologie&nbsp;» confesse Andrew Borde, un médecin anglais et, à son tour, se confesse à lui&nbsp;:</div>   <br />  <span style="font-size: 12pt; caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">« Je m’étonne grandement que notre nation, spécialement notre clergé et eux, les cardinaux de Compostelle, aveuglent et méprisent le peuple de pratiquer l’idolâtrie, tout en faisant vénérer à ce peuple ignorant une chose qui n’est pas ici. Nous n’avons pas un cheveu ni un os de saint Jacques… Présentés au milieu du grand autel, il n’y a que son bourdon, la chaîne avec laquelle il fut lié lorsqu’il fut emprisonné et la faucille qui a servi à lui couper la tête ».</span>    <div style="text-align: justify;"> <br />  En 1572, Ambrosio Morales, historiographe du roi Philippe II, se voit refuser l’autorisation qu’il demandait pour le roi de descendre dans la crypte. On lui explique alors que c’est l’archevêque Gelmirez&nbsp;</div>   <br />  <span style="font-size: 12pt; caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">«&nbsp;qui a enterré le corps de l’apôtre afin que l’on ne puisse entrer où il était parce que trop de gens demandaient à le montrer aux rois et aux grands princes qui affluaient pour le voir&nbsp;».&nbsp;</span> <br />  &nbsp;  <div style="text-align: justify;">En 1601, le même Ambrosio Morales, proche cousin de l’archevêque de Compostelle Don Juan de Sanclemente, a enfin lieu l’ouverture tant réclamée… mais on trouve un tombeau vide.&nbsp;</div>    <div style="text-align: justify;"><strong>Alors,</strong> puisqu’il faut bien trouver une explication, c’est à partir de là qu’on invente la légende du corps enlevé en 1589 par peur d’une invasion anglaise. Tout le monde a oublié que, déjà au XVe siècle, lors de travaux, les reliques étaient déjà disparues.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Témoignage de Jean de Tournai</b></div>
     <div>
      ​Jean de Tournai écrit en 1490 :  <p class="citation" style="margin: 0cm 1cm; text-align: justify; font-size: 11pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif; caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0);">«&nbsp;En après je… vins devant le grand autel et regardai la statue tenant en ses mains un rouleau sur lequel y a écrit en lettres romanes&nbsp;; elle montre avec son doigt où il est écrit ‘HIC JACET CORPUS SANCTI JACOBI FILII ZEBEDEI’ c’est-à-dire, traduit de latin en français&nbsp;: ‘Ici repose le corps de saint Jacques fils de Zébédée’&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />    <div style="text-align: justify;">Cette statue est là depuis le début du XIIIe siècle et témoigne déjà du souci de montrer une représentation spectaculaire de l’apôtre.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'action de Diégo Gelmirez</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;"> <br />  En effet, au XIIe siècle, l’évêque (puis archevêque) Diego Gelmirez concevait sa nouvelle cathédrale tout entière comme un tombeau&nbsp;; il a démoli l'abside de l'église préromane dont les chanoines attribuaient la construction aux disciples de saint Jacques. L’autel seul est resté en place, sur le corps de l’apôtre, sous le nouveau grand autel. Il n'était plus visible que par un petit orifice pratiqué sous l'autel dans le nouveau pavement roman.</div>    <div style="text-align: justify;">C’est sans doute lui qu’Ambrosio Morales a vu en 1572. Selon lui, il y avait une petite porte fermée sur le mur de l'Évangile (à gauche en regardant l’autel) «&nbsp;qui ne s'ouvrait que pour les archevêques et pour les rois&nbsp;». Cette porte lui a été ouverte au nom de Philippe II, précisant qu’il a vu «&nbsp;deux grandes pierres plates au sol, et à leur extrémité un petit trou, par lequel ne passerait qu'une orange, et il est couvert de chaux&nbsp;». On pensait que ce trou communiquait avec la crypte où reposait l'apôtre.</div>    <div style="text-align: justify;"><o:p></o:p> L’ambition de Diego Gelmirez était de créer une «&nbsp;chambre souterraine&nbsp;» cachée qui accroissait le mystère et son caractère sacré et permettait de préserver l’idée que le corps de l’apôtre y était là dans son entier. Il l’affirme dans le chapitre IX du Livre V du&nbsp;<em>Codex Calixtinus</em>&nbsp;:</div>    <p class="citation" style="margin: 0cm 1cm; text-align: justify; font-size: 11pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif; caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0);">Le corps de l’apôtre est là, tout entier. Sur son sépulcre est un petit autel, que, d’après la tradition,<span style="text-align: justify;"> ses disciples ont élevé, et que, par amour pour l’apôtre et pour ses disciples, nul depuis n’a voulu détruire. Le petit autel est donc enfermé sous le grand, de trois côtés, à droite, à gauche et par-derrière&nbsp;; mais par-devant, il est à découvert, puisqu’il suffit, pour l’apercevoir, d’enlever le panneau d’agent qui forme le devant du grand autel&nbsp;».</span> <br />  Dans cette description on retrouve le même souci que celui qui a présidé à la construction du cénotaphe du XVIIe siècle… <br />    <div style="text-align: justify;">L'accès ne fut possible qu'après que le cardinal archevêque, Miguel Paya y Rico eut demandé en 1878 aux chanoines de déterminer la situation exacte de la tombe. Le résultat fut la crypte-tombe d’aujourd’hui où les pèlerins peuvent descendre par un court escalier qui conduit du déambulatoire à un passage permettant de voir une chapelle néo-médiévale située en dessous du maître-autel.</div>  &nbsp; &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Remontons le temps pour comprendre</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60600863.jpg?v=1734297498" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;"> <br />   <br />   <br />  Pendant des siècles, les pèlerins qui arrivaient à Compostelle ne racontent pas leur voyage. On ignore leur rapport personnel avec la tombe de saint Jacques.&nbsp;</div>  &nbsp;    <div style="text-align: justify;">Deux des premières images datent du XVe siècle, d’avant la construction du cénotaphe. Elles montrent les pèlerins agglutinés autour de l’autel majeur,. <br />   <br />  ​<em><span style="caret-color: rgb(0, 0, 0); color: rgb(0, 0, 0); font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;"> Les deux faucilles, touchées par les pèlerins Indianapolis Mus.Art. 24.3-6, James E. Roberts Collection.</span></em></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60600877.jpg?v=1734298478" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
       <br />   <br />  Sur la gauche de l'autel de l'illustration ci-dessus, on voit deux faucilles qui ont décapité saint Jacques et son disciple Josias. <br />   <br />  Ailleurs on les mentionne en compagnie de la chaîne qui a lié saint Jacques lors de son arrestation, de son bourdon ... <br />   <br />  L’image ci-contre datant de 1648 (donc avant le grand cénotaphe) montre les pèlerins dans le chœur. <br />  &nbsp;  <div style="text-align: right;"><em style="text-align: right;"><span style="caret-color ; color: rgb(0, 0, 0); font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;, serif;">Le Magasin pittoresque 1648BNF VB-135-FOL,Cabinet des Estampes</span></em></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Et si toute cette histoire datait du XIIe siècle ?</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/84916750-60600897.jpg?v=1734116590" alt="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" title="Lettre 184, Un « secret » de Compostelle révélé !" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">En 1056, des moines de l’abbaye Saint-Jacques de Liège arrivent à Compostelle et demandent la faveur de recevoir des reliques. L’évêque a d’abord refusé mais le roi a accepté en invoquant l’utilité politique. On a alors ouvert des reliquaires sur «&nbsp;deux linges [étendus] sur le pavement de l’église mais aucun ne contenait d’ossements de l’apôtre&nbsp;». Alors, dit le texte, le roi envoya chercher une châsse déposée dans sa chapelle personnelle dans laquelle «&nbsp;il brillait une partie nullement négligeable du corps du bienheureux Jacques&nbsp;» dont on donna un bras aux Liégeois.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="text-align: center;">Voilà qui est troublant.&nbsp; <br />  Il n’est nulle part fait mention du tombeau.&nbsp; <br />  La «&nbsp;construction&nbsp;» du corps placé dans une tombe ne se serait-elle faite que progressivement&nbsp;?&nbsp; <br />  L’essentiel n’est pas là.&nbsp;</div>    <div style="text-align: center;">Comme le disent certains pèlerins ayant vu ailleurs plusieurs fois des reliques, voire des corps de saint Jacques, <br />  «&nbsp;laissons ces confusions des prêtres au jugement de Dieu&nbsp;». <br />  Marie Mauron, la poétesse provençale, a exprimé&nbsp;ainsi ses sentiments en arrivant à Santiago&nbsp;:</div>    <blockquote style="text-align: center;">«&nbsp;Foi ou non, en Dieu, en saint Jacques ou en l’Art, quelque chose éclate au plus profond de nous. <br />  Seul le silence le traduit&nbsp;».</blockquote>    <div style="text-align: justify;">Et, pour exprimer son émotion, elle invente&nbsp;des phrases qu’elle semble offrir à nouveau aux pèlerins d’aujourd’hui.</div>    <p classe="citation" style="text-align: justify;"><strong>« Et le tombeau d’argent est vide. Mais justement ce qui l’habite, ce grand vide, c’est l’absolu que ces brasiers de foi et d’amour ont créé, comme Dieu créa de rien, de son amour, le monde. Si les os réels de saint jacques étaient là, leur poussière auguste serait limitée et finie. Dans l’intemporel elle s’agrandit aux dimensions sans limite des cœurs qui, siècle après siècle, l’ont faite présence. »</strong> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bibliographie</b></div>
     <div>
      Toutes les sources des documents se retrouvent dans&nbsp;:&nbsp;  <ul>  	<li class="list">Taín, Miguel, “<em>El cenotafio del Apóstol de la Catedral de Santiago de Compostela'</em>.</li>  </ul>  "<em>De los modelos romanos a los camarines castellanos y los sarcófagos reales de El Escorial</em>”,&nbsp;<em>Studi di Storia dell’Arte</em>, 23, 2012, p.    <ul>  	<li class="list">Taín, Miguel, " <em>La antigua mesa del altar mayor de la Catedral de Santiago de Compostela: propuesta de reconstrucción</em> "&nbsp;<em>Goya</em>, 344, 3013, p. 220-229.</li>  </ul>    <ul>  	<li class="list">Péricard-Méa, Denise,&nbsp;<em>Compostelle et cultes de saint Jacques au Moyen Age</em>, Paris, PUF, 2002</li>  </ul>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.institut-irj.fr/photo/art/imagette/84916750-60600826.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.institut-irj.fr/Lettre-184-Un-secret-de-Compostelle-revele-_a754.html</link>
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   <title>Santiago 73 ...ou l'aventure des doux dingues ! ... n°1</title>
   <pubDate>Mon, 05 Aug 2024 19:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacques Sévenet</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[PÈLERINS ET PÈLERINAGES]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cet article présente le récit d’un pèlerinage réalisé en 1973 par deux amis prêtres, les abbés Jacques et Etienne. D’Etienne nous ne connaissons que le prénom. Jacques est l’abbé Jacques Sévenet. Il explique dans son introduction les raisons de ce pèlerinage. Il a confié son récit à la Fondation David Parou Saint-Jacques comme un souvenir, dédié à des amis qui les avaient accompagnés pendant les premières étapes ou accueillis pour l'arrivée à Santiago. La situation du pèlerinage contemporain donne aujourd'hui à ce récit une toute autre dimension. L'IRJ a donc choisi de le présenter en feuilleton pour le mois d'août, symbole de vacances peut-être propices à une distraction instructive. Le premier épisode présente leur marche de Saint-Jean-Pied-de-Port à Puente-la-Reina où les quittent les derniers amis qui avaient accompagné leurs premières étapes. Il est précédé d'une présentation faite par l'abbé Jacques Sévenet en réponse à deux questions qui restent d'actualité.     <div><b>Pourquoi Compostelle ? Pourquoi un Pèlerinage ?</b></div>
     <div>
      Ces pages sont tout naturellement dédiées à ceux et à celles qui les ont écrites :
<div style="text-align: justify;">Etienne, compagnon fidèle dans la monotonie des jours, l’incertitude du chemin, et la joie simple des étapes,</div>

<div style="text-align: justify;">Olivier, Pierre et Catherine, François et Anne-Marie, Yvonne, François, dit « Mammouth » qui nous ont lancés sur le chemin de Compostelle,</div>

<div style="text-align: justify;">Arnaud, Bernadette et Jean puis Jean-Yves et Marie-Hélène, Adrien, Danièle et Marie qui ont partagé le dernier effort et l’enchantement galicien</div>
Noèle qui chemina à sa manière jusqu'à nous accueillir à Santiago,

<div style="text-align: center;"><strong>Tous ont écrit ces lignes avec leurs pieds, leur sueur, et surtout leur amitié.</strong></div>

<div style="text-align: justify;">Mais on n'écrit pas qu’avec ses pieds : Catherine, à qui nous devons la préparation du pèlerinage, a assumé la composition, la mise en forme et l'impression de ce récit, labeur fastidieux et ingrat qui nous permet de garder un gentil souvenir de l'aventure. Merci Catherine.</div>

<div style="text-align: right;">De tout mon coeur, Jacques.</div>
&nbsp;

<div style="text-align: justify;">Pour beaucoup de gens rencontrés au cours de notre périple, nous ne pouvions être pèlerins de Compostelle sans avoir fait une&nbsp;<em>promisa</em>, un voeu. En fait, je traînais cette idée dans un coin de ma cervelle enfumée depuis longtemps, ayant naguère rencontré des jeunes qui avaient fait le pèlerinage et le racontaient fort joliment.<br />
Le hasard de courses à l'occasion de Noël me fit connaître l'ouvrage de Bottineau sur&nbsp;<em>Les chemins de Saint-Jacques</em>, et la vieille idée se remit en route, bien avant que les pieds n'y apportent leur puissante contribution.<br />
Il me semblait aussi que la route et ses symboles me permettraient une transition originale entre les années vécues à&nbsp;<strong>Sainte-Cécile</strong>, ma première paroisse, et&nbsp;<strong>Villeneuve</strong>&nbsp;où m'attendait un monde très nouveau. En marchant, on réfléchit sans doute, mais surtout on simplifie les choses. On apprend à laisser les problèmes se clarifier d'eux-mêmes, on s'apaise. Le récit qui va suivre, destiné exclusivement aux protagonistes de l'aventure comme à tous ceux qui, de près ou de loin, en ont assumé la préparation, s'efforcera de le montrer.</div>

<div style="text-align: justify;"><br />
Si j'insiste sur la destination de ce texte, c'est parce qu'il est essentiel de ne pas se méprendre : Aymeri Picaud, au XIIe siècle, Laffi au XVIIe siècle, et beaucoup plus près de nous, Paladhile ou G. Bernès ont, dans des genres différents, permis à leurs lecteurs de s'éveiller à la vocation de Pèlerin.<br />
Pour nous, l'éphéméride de ce mois de route commune servira davantage à nous relire nous-mêmes, avec nos refus et nos souffrances, nos arrivées à l'étape et notre souci de repartir le lendemain, avec aussi tout ce que la route fait naître d'espérance et de prière. C'est le sens caché de l'événement que chacun devra retrouver patiemment. L'histoire de notre vie et celle de notre foi ne sont pas en discontinuité. Tout est signe, mais il faut de bonnes lunettes pour lire et laisser venir à la lumière, sans à-coups, directions et choix qui engagent notre vie d’hommes. Il y a bien sûr un réel danger de nombrilisme, surtout si l'on oublie de relativiser par une pointe d'humour, mais cette relecture est une base inappréciable à l’avancée et à la&nbsp;création.</div>

<div style="text-align: justify;">Une dernière remarque avant d'entamer la «&nbsp;geste des pieds&nbsp;» : retrouver l'ancien chemin du pèlerinage n'est pas une mince affaire, car la lèpre du trafic routier ronge peu à peu les voies anciennes.</div>

<blockquote>
<div style="text-align: justify;">Le patient travail de l'abbé Georges Bernès nous a permis de suivre au plus près le&nbsp;<em>camino francés</em>&nbsp;de l'épopée médiévale. Pour simplifier les choses, et l'auteur nous pardonnera cette familiarité, nous avons donné son nom aux multiples raccourcis qu'il propose dans son guide. Un «&nbsp;Bernès&nbsp;» signifie donc un bout de chemin de terre qu'il faut trouver et ne pas perdre (ce qui n'est pas toujours aisé), car il est un élément de l'ancien chemin médiéval.</div>
</blockquote>
«&nbsp;Les hommes du XIIe siècle ont aimé passionnément ces grands voyages (les pèlerinages). Il leur semblait que la vie du pèlerin était la vie même du chrétien. Car qu'est-ce que le chrétien sinon un éternel voyageur qui ne se sent nulle part chez lui, un passant en marche vers une Jérusalem éternelle&nbsp;? ».

<div style="text-align: right;">Emile Mâle,&nbsp;<em>L'Art religieux du XIIe siècle en France</em>.</div>
&nbsp;

<h2 style="text-align: center;">Carnet&nbsp;de&nbsp;route<br />
De Saint-Jean-Pied-de-Port<br /> à Santiago de Compostela... 780 km !!!</h2>
&nbsp;

<h3>Dimanche 8 Juillet</h3>
C'est à l'hôtel Ramuntcho de Saint-Jean-Pied-de-Port que se rassemblent peu à peu les compagnons de la première semaine : Etienne, Mammouth et moi-même fraîchement débarqués de voiture, Olivier, Pierre et Catherine du train ; Yvonne, pèlerine lyonnaise inscrite aux Amis de Saint Jacques, cherchait un groupe : elle se joint à notre équipe. Enfin, dans la nuit, François et Anne-Marie feront irruption dans le paisible hôtel. Pas de veillée d'armes ni de prières, mais un gros dodo sans rêve, après discussion avec un sympathique américain qui doit nous trouver un peu dérangés.

<h3>Lundi 9 Juillet</h3>
Coquilles solidement arrimées sur le barda, nous recueillons les derniers tuyaux fournis par la secrétaire du Syndicat d'Initiative : pour Roncevaux, mieux vaut prendre la route qu'un vague chemin de montagne mal balisé car la brume est traîtresse, et les douaniers soupçonneux ....<br />
Vers 8h45, ce n'est plus un projet, c’est parti ....<br />
Notre allure se cherche comme se cherchent une place les pieds dans les chaussures mal rodées. Arrêt à la frontière dans le coquet village d'Arnegui, puis montée jusqu'à Valcarlos. Ravitaillement fait, nos cartes de pèlerin reçoivent le premier des 13 cachets qui authentifieront notre passage aux étapes les plus importantes du Chemin. Déjeuner et sieste dans un virage de la montée au col d’Ibaneta. L'endroit est un peu victime de la pollution des routes, mais l'odeur de la cuisine sur feu de bois en élimine bien d'autres...<br />
La montée reprend vers 15h.20, assez rude. Sur la fin de soirée, la brume se met de la partie. A trois kilomètres du col, près d’une maison de garde signalée par le guide, une sorte d'auvent offre un abri pour le dîner. Certains y couchent, d'autres préfèrent l'herbe et les étoiles, mais au réveil, la répartition sera quelque peu bouleversée, l'humidité aidant. De lourds camions de bois mènent sans trêve une ronde rugissante dans les lacets de la route.
<h3>Mardi 10 Juillet</h3>
Levés à 6 heures, diverses tâches nous attendent&nbsp;: confection du petit déjeuner, rangements et soins à donner à un pauvre mouton malade qui cherche sous notre abri un peu de chaleur et d'amitié. Des samaritains au grand coeur s'efforcent d'adoucir ses derniers instants, car la pauvre bête est fort mal en point. Au départ de l'étape, nous nous séparons en deux groupes : Catherine, les Peyredieu et Yvonne prennent la route, les autres s’engagent par le petit sentier humide prévu par le Bernès. Bain de pied dans l'herbe qui nous permet, sans difficultés, d’arriver au col noyé dans le brouillard. Le reste de la caravane nous rejoint à la chapelle moderne bâtie sur l'emplacement de l'ancien sanctuaire de Charlemagne.<br />
Suivant l'antique tradition des pèlerins, nous plantons une croix de bois à côté de la stèle élevée à Notre-Dame de Roncevaux.<br />
Un peu plus bas, nous découvrons l'immense monastère, fort laid avec ses toits en zinc. La chapelle de Saint-Augustin est intéressante : on y voit le tombeau du géant Sanche le Fort. Mais les estomacs vides l'emportent de haute lutte sur l'archéologie, et nous nous restaurons à l'hôtellerie. Une ligne droite sans histoire mène au charmant village de Burguete aux maisons armoriées. A la sortie, déjeuner et sieste à l'ombre, pimentés de discussions diverses.<br />
Vers 15h.20, premier affrontement sérieux avec le Bernès. Le gué à franchir humecte et ramollit les pieds tièdes et après Espinal, nous sommes obligés de nous contenter de la route jusqu'au col de Mezquiriz qui se signale par une stèle, réplique de celle de Roncevaux. La route est fort riante jusqu'au village de Viscarret. Sur la place du village, deux gardes civils nous voient venir avec méfiance, mais leurs visages s'épanouissent comme bouse de vache en Normandie lorsque nous annonçons notre condition de pèlerins de Compostelle.<br />
Le porche de l'église est élevé à la dignité de refuge, pour les soins des pieds, la cuisine et la nuit. La soirée est douce et il fait bon méditer, tourné vers l'Ouest où l'on peut sans pudeur rêver d'un Santiago lointain. Le dîner prend un certain temps : nous manquons de récipients et il nous faut des nourritures solides.
<h3>Mercredi 11 Juillet</h3>
La nuit a été bonne, nettement moins humide que la précédente. L'éveil des compagnons se fait de bonne heure, mais nous sommes assez lents à nous mettre en route : une fois arrimés sur les épaules nos sacs ne permettraient à personne d'imaginer le nombre incalculable de petits objets qu'ils contiennent et qui demandent de méticuleux soins de rangement, en particulier la margarine toujours prompte à s'attendrir.<br />
Enfin, vers 8 heures, nous sommes sur la route qui nous conduit sans détours à Linzoain, au pied de la montagne. Le Bernès, délicatement saupoudré de conseils recueillis auprès des habitants du village, nous met sur le bon chemin qui serpente en grimpette légère entre les buis. Hélas, les sentiers, comme les fourmis sont rarement seuls et se croisent en tous sens : carte, tergiversations, orientation par rapport au soleil, radar nasal personnel, tout est mis en oeuvre et se termine par un farouche corps à corps avec les ronces et les épineux. Les pieds nus de François ne goûtent guère la plaisanterie et j'y laisse mes lunettes de soleil.<br />
D'erreur en rectification, nous sommes cependant parvenus un peu en dessous du col d'Erro, objet de nos convoitises. 4 km plus loin c'est le hameau d'Agoreta : pas d'<em>ultramarinos&nbsp;</em>(épicerie), mais un camion d'alimentation qui passe providentiellement. La couleur rouge est de plus en plus à l'honneur dans notre équipée : elle barbouille les pieds aux ampoules lardées de furieux coups d'aiguilles elle donne au vin généreux de Navarre une fougue dont les marcheurs ont le plus grand besoin en cette heure chaude.<br />
Après la sieste, c'est la «&nbsp;plongée vertigineuse vers la vallée de l'Arga&nbsp;» (cf. Bernès), que nous entamons avec mesure, en gens sérieux que nous sommes. La voie est droite, assez plate et somme toute relativement fastidieuse. Zubiri, Urdaniz, Larrasoana et Zuriain, hameau à demi-abandonné, qui surplombe la route ; une fois encore le porche de l'église accueille notre vacarme, nos déballages diurnes et nocturnes, nos fines plaisanteries. Un ménage ouvrier nanti de quatre enfants s'esbaudit sans les comprendre de nos escarmouches culinaires. Finalement le riz est mangeable et la soupe réconfortante. Au lever de table (!), l'idée d'une célébration est lancée : en fait, nous nous contenterons de faire un peu le point autour du feu qui meurt lentement. Olivier nous dit sa joie d'admirer la Création et de laisser son esprit monter vers son Auteur. Etienne insiste sur les joies de l'étape après la marche. Les autres mettent en valeur le sens de la route, de l'amitié partagée. Yvonne regrette un peu qu'on ne puisse davantage visiter églises et monuments. A travers tout cela, nous ressentons à des niveaux différents l'ambiguïté du pèlerinage : pour la plupart, suivre pendant quelques jours le&nbsp;<em>camino</em>&nbsp;de Santiago est une randonnée dans la nature, dont l'apport physique et spirituel serait aussi important dans le tour du Mont Blanc ou la traversée de la Corse. Pour moi, l'idée d'un but lointain à atteindre m'aide beaucoup à réfléchir à cette condition d'<em>Homo Viator</em>&nbsp;chère aux Pères de l'Eglise, et dans laquelle j'ai souvent reconnu les lignes profondes de mon sacerdoce. L'homme est un voyageur sur cette terre. Il ne peut s'attacher à rien, mais marcher de découvertes en découvertes jusqu'aux portes de la mort et par là, vers la Jérusalem céleste, cité du bonheur éternel. Mais, je dois le reconnaître : nous ne sommes plus des vrais pèlerins partant de rien, vivant de leur travail ou de l'hospitalité offerte. Nous avons choisi un style de vie différent, peut-être plus adapté à nos habitudes de confort, mais source de richesses infimes puisque notre silence durant la marche est constamment habité par ce qui surnage de nos préoccupations, de nos perspectives d'avenir, en bref de tout ce dont nous sommes momentanément démobilisés.<br />
Au lit, pèlerin, demain il faudra s’élancer !
<h3>Jeudi 12 Juillet</h3>
Lever nonchalant vers 6 heures, auquel fait suite le cérémonial immuable : petit déjeuner, rangement, vaisselle qui rappelle à notre bon souvenir le riz vespéral. 12 km. de route sont au programme jusqu'à Pampelune, mais au bout de six nous voyons poindre les premiers faubourgs. Malgré une légère erreur du guide, nous trouvons la petite route qui, par l’ancienne léproserie et le pont de la Madeleine, nous fait longer les remparts et entrer dans la cité par la Porte des Français, armoriée aux lys de France, et la Porte Zumalacarregui. En une fraction de seconde nous avons quitté la vie vagabonde et campagnarde pour un «&nbsp;bain de foule&nbsp;» dans une ville en fête, puisque nous débarquons en pleine féria de&nbsp;<em>la San Fermin</em>&nbsp;: accordéons, foulards rouges et tenues blanches, rues très animées, masques géants, toute une population qui a déserté le travail pour une semaine. Les affiches annonçant les courses de cette semaine tauromachique attirent le regard, mais nous nous sentons quelque peu en dehors du coup. Nos sacs en sûreté dans la cathédrale, nous nous préoccupons des heures de train pour ceux qui nous quittent, puis de déjeuner dans un petit restaurant proche de la place centrale. La visite de la cathédrale, du cloître et du musée nous font découvrir le curieux mariage du gothique espagnol et du roman, ainsi que quelques jolis bois sculptés : je note au passage une fort belle Vierge des douleurs dans une attitude d’abandon émouvante.&nbsp;<br />
Un clerc dodu, brutalement arraché à sa sieste, tamponne en bougonnant les cartes de pèlerins, et nous prenons congé avec une ombre de mélancolie des compagnons que d’autres tâches attendent : Anne-Marie et François, Olivier, Mammouth qui renonce à une si longue aventure, et Yvonne qui va continuer à un rythme différent.<br />
&nbsp;<br />
En un instant le groupe a fondu, et le «&nbsp;petit reste&nbsp;» se replonge dans l’effervescente cité pour gagner la route. Ça et là, des groupes se rassemblent, apportent par seaux la sangria, dansent le fandango.... Par le marché aux aulx nous gagnons à pas menus les quartiers périphériques relativement déserts. Une fois dépassée l’Université, un ravissant Bernès nous mène à&nbsp;<strong>Cizur Menor</strong>, se fait ensuite quelque peu oublier dans les blés, mais nous permet de découvrir avec quelques hésitations le hameau de&nbsp;<strong>Guendulain</strong>: quelques maisons aux toits de tuile, cachées dans les peupliers qui bordent le ruisseau. L’endroit est frais et paisible et convient parfaitement à notre détente après les heures fatigantes qui viennent de s'écouler. Pierre, Catherine, Etienne et moi nous endormons sous les étoiles dans le silence que troublera un court moment la cavalcade des moutons qui vont boire.<br />
.
<h3>Vendredi 13 Juillet</h3>
Beau temps au saut du lit, mais qui risque de se couvrir ; il se couvrira d'ailleurs. Ayant atteint dans les temps prévus le village de&nbsp;<strong>Zariquiegui</strong>, nous recueillons les confidences topographiques du curé et d'une de ses paroissiennes : le chemin monte régulièrement dans un foisonnement de fleurs jaunes et bleues dont j'ignore le nom. Tout ceci débouche au col du Perdon (ou Pardon), au croisement d'une route de crêtes et de la voie principale. Un cerisier abondamment garni comprend sa douleur de se trouver sur la trajectoire des pèlerins. Puis la route chauffe impitoyablement la plante des pieds jusqu'à&nbsp;<strong>Puente-La-Reina</strong>. A l'entrée, un saint Jacques pèlerin nous accueille avec un austère sourire de bronze, non loin de l'église du Crucifix, ainsi nommée à cause de l'oeuvre d'un pèlerin venu de la lointaine Rhénanie. Carrefour des deux routes du Pèlerinage, celle du Somport et celle de Roncevaux, Puente-la-Reina doit sa célébrité à la générosité d'une reine de Navarre qui dota la ville d'un superbe pont permettant aux pèlerins de traverser l'Arga sans dommage. Une longue rue principale bordée de belles maisons armoriées nous fait découvrir un petit restaurant. La sieste commence à prendre de l'importance dans notre style de vie, seulement en ville cet exercice salutaire n'est point commode : aujourd'hui nous dormirons sur les bancs de bois de l'église Saint-Jacques, comme des clochards au cœur pur. Catherine qui ne se souvient pas avoir jamais dormi dans une église goûte fort cette… détente spirituelle.<br />
A la sortie de Puente-la-Reina, une fois dépassé le couvent, un Bernès nous largue dans la nature, et il faut remonter vers la route par les vignobles en terrasse, jurant et pestant… En traversant le village de Maneru, des gens nous crient de penser à eux quand nous serons auprès de l'<em>Apostol</em>. Puis c'est&nbsp;<strong>Cirauqui</strong>&nbsp;dont l'église s'orne d'un porche mauresque polylobé, de même facture qu'à Puente-la-Reina, et je me souviens d'avoir déjà vu en Saintonge. Pressé de partir, le curé charge un employé de mairie de nous trouver un toit pour la nuit. La salle du conseil municipal sera donc notre gîte. Dernière soirée avec Pierre et Catherine qui nous quittent demain ; mélancolie des départs en attendant la joie des retrouvailles : c'est aussi ça la route !<br />
&nbsp;<br />
Fin du premier épisode
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.institut-irj.fr/Santiago-73-ou-l-aventure-des-doux-dingues--n-1_a741.html</link>
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  <item>
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   <title>Lettre 180, Une lecture de vacances</title>
   <pubDate>Mon, 15 Jul 2024 17:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denise Péricard-Méa</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[COMPOSTELLE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme lecture de vacances nous vous proposons " Compostelle, un voyage oublié ". Ce sont deux récits de pèlerins de 1981 à inscrire dans la grande lignée des récits de pèlerinages. L’image de pèlerins contemporains mettant leurs pas dans ceux des pèlerins médiévaux est souvent utilisée dans les Médias. Les pèlerins en rêvent. Grâce à la « communauté des pèlerins érudits et chercheurs » (transcripteurs, traducteurs, éditeurs), la Fondation David Parou Saint-Jacques a publié, en version intégrale, la plupart des récits de pèlerins du Moyen Age. Réécrits en français moderne pour le confort de la lecture, ils offrent une manière inépuisable de pèleriner en pensée chez soi, que l’on soit pèlerin ou non.     <div><b>Récits de pèlerins médiévaux</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Jean de Tournai, Jérôme Münzer, Léon de Rozmital, sont parmi les plus célèbres. Il y en a d’autres mais pas des dizaines. Leurs récits sont donc des documents précieux. Chacun dans son genre nous transporte dans son époque. Ils&nbsp;nous font partager les joies, les peines, les difficultés, les pensées de leurs&nbsp;auteurs. Leur façon de voyager,&nbsp;leur liberté de vie, le choix de leurs itinéraires aident les pèlerins d’aujourd’hui à cheminer dans leurs pas. Non pas en suivant ces itinéraires, il n’y avait pas de routes réservées aux pèlerins, ni construites spécialement pour eux mais en les observant dans leurs comportements et leurs relations.&nbsp;</div>    <div style="text-align: justify;"> <br />  Ces récits sont rarement cités et sans doute encore&nbsp;très peu lus.&nbsp;C’est dommage car leurs lecteurs se rendraient compte que ces pèlerins médiévaux étaient assez semblables à nous, à ceci près que, s’ils étaient tous catholiques, ils n’en étaient pas plus pieux. Ils regardaient beaucoup autour d’eux, en bons touristes curieux de découvrir les us et coutumes des régions traversées. Ils ne voyageaient pas tous en endurant des souffrances terribles, ils avaient de l’argent et payaient nourriture et auberges. Certains d’entre eux ne craignent pas d’affirmer qu’ils souhaitaient «&nbsp;acquérir des honneurs&nbsp;» et menaient joyeuse vie en chemin, sans pour autant être condamnables. D’autres vivaient d’incroyables aventures avant d’atteindre le sanctuaire. Au point que l’on peut se demander si le mot aventure, souvent utilisé pour annoncer un pèlerinage d’aujourd’hui n’a pas perdu son sens.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peu de récits entre le Moyen Age et le XIXe</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Les siècles suivants sont moins riches en récits mais offrent des documents permettant d’estimer le nombre et la qualité des pèlerins. Souvent de pauvres hères poussés à aller chercher du travail au-delà des frontières. Ce sont eux qui ont profité, plus que leurs prédécesseurs, des hôpitaux, mélangés aux pauvres de la charité chrétienne. Imagine-t-on de nos jours des pèlerins dans les accueils pour SDF ou migrants&nbsp;? Plusieurs édits royaux de Louis XIV et Louis XV réglementant les pèlerinages témoignent de l’existence du pèlerinage sous leurs règnes, non pas pour des pieuses raisons mais pour fuir la&nbsp;conscription.&nbsp;Ces actes officiels sont souvent considérés, à tort, comme des interdictions de pèleriner. Sur les mêmes routes, se rencontraient des groupes fuyant plus ou moins l’Eglise Réformée et allant chercher du réconfort dans la très catholique Espagne.</div>  
     </div>
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     <div><b>Les XIXe et XXe siècles</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Le XIXe siècle nous a livré nombre de pieux récits rédigés par des ecclésiastiques mais s’en était fini des pèlerinages à pied, l’abbé Pardiac, le curé Laurent d’Arce, le curé de Saint-Jacques de Douai, etc. voyageaient en chemin de fer, en diligence, en bateau. Ils ont créé un terreau fertile à la germination du pèlerinage contemporain.&nbsp;</div>    <div style="text-align: justify;">Au XXe siècle, quelques précurseurs, chrétiens affirmés ou&nbsp;&nbsp;prêtres, ont repris la marche à pied, et transmis leur expérience Mabille de Poncheville, Dominique Paladilhe ou l’aumônier des étudiants de Bordeaux, le futur évêque du Puy et archevêque de Rouen, Mgr. Martin et quelques autres.</div>  &nbsp;    <div style="text-align: justify;">Parmi, en 1973, le père Sévenet, un ami prêtre et un groupe de paroissiens se retrouvent à Saint-Jean-Pied-de-Port et, à pied, prennent la route. Les paroissiens les ayant quittés<span style="text-align: justify;">&nbsp;</span>après quelques<span style="text-align: justify;">&nbsp;</span>étapes,<span style="text-align: justify;">&nbsp;les deux amis&nbsp;p</span>oursuivent avec pour<span style="text-align: justify;">&nbsp;</span>seule aide<span style="text-align: justify;">&nbsp;</span>le&nbsp;<em>Guide Bernès</em>, récemment paru (voir la Lettre 96 du 15 février 2021).&nbsp;</div>  
     </div>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/81567495-58731722.jpg?v=1721060754" alt="Lettre 180, Une lecture de vacances" title="Lettre 180, Une lecture de vacances" />
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     <div>
      <div style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">En 1978, paraît&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">Priez pour nous à Compostelle</em><span style="text-align: justify;">, ouvrage&nbsp;bien connu du monde pèlerin. Ce best-seller des deux journalistes, Barret et Gurgand a suscité de nombreuses vocations tout en étant très néfaste pour la connaissance de l'histoire du pèlerinage. Albrecht Paul Sanders dont le témoignage est paru dans la lettre 179, fut l’un des premiers pèlerins nourris et en partie désorienté par leur expérience.</span></div>    <div style="text-align: justify;"> <br />  <span style="text-align: justify;">L’IRJ a eu la chance de retrouver les récits de deux autres de ces pèlerins qui leur ont emboîté le pas en 1981. Par hasard, l’un et l’autre avaient conservé leurs notes de voyage. Mais ce n’est pas par hasard qu’un éditeur leur a proposé d’éditer ces deux récits tant ils sont différents des manuscrits qu’il refuse régulièrement.&nbsp;</span></div>  
     </div>
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     <div><b>Le livre de l’été</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">C’est ce livre que nous vous proposons de lire pendant les vacances, laissant à deux journalistes de&nbsp;<em>La Voix du Nord et de&nbsp;</em><em style="text-align: justify;">Sud-Ouest</em>&nbsp;le soin d'en présenter les récits, comme ils ont eu le plaisir de le faire pour leurs lecteurs. Nul doute qu’ils ne vous incitent à le commander. Ces récits sont des textes «&nbsp;brut de décoffrage&nbsp;», sans ajouts ni fioritures. Deux témoignages devenus documents historiques. Les différences avec aujourd’hui les font appartenir à un autre âge, la bicyclette, monture moderne moins exigeante, ayant remplacé le cheval.</div>  
     </div>
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/81567495-58731247.jpg?v=1721058885" alt="Lettre 180, Une lecture de vacances" title="Lettre 180, Une lecture de vacances" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><em>La Voix du Nord</em></div>    <div style="text-align: center;">Présentation du récit de Michelle</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/81567495-58731484.jpg?v=1721059652" alt="Lettre 180, Une lecture de vacances" title="Lettre 180, Une lecture de vacances" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: center;"><em>Sud Ouest</em></div>    <div style="text-align: center;">Présentation du récit de Jean</div>  
     </div>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.institut-irj.fr/photo/art/default/81567495-58734214.jpg?v=1721077364" alt="Lettre 180, Une lecture de vacances" title="Lettre 180, Une lecture de vacances" />
     </div>
     <div>
       <br />   <br />   <br />   <br />  En bref, un livre léger, frais, d’agréable compagnie. <br />  Qui sait&nbsp;? Complété d’un peu d’histoire de la naissance du pèlerinage contemporain, il serait peut-être devenu un nouveau&nbsp;<em>Priez pour nous à Compostelle</em>&nbsp;? <br />  Un retour à une vraie aventure, avec tous les aléas inévitables mais combien enrichissants. Un livre où la recherche de soi n’est pas un motif de départ si ce n’est de chercher à savoir de quoi on est capable. <br />  &nbsp; <br />   <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un feuilleton pour l’été</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Le mois prochain, vacances de l'IRJ. &nbsp;En lieu et place de la lettre 181 nous programmons pour nos lecteurs, en feuilleton hebdomadaire, le récit du pèlerinage du père Sévenet durant l’été 1973.&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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